Archive for mai 2007

parce que

Pourquoi chaque fois que je suis dans un wagon de métro vide, une grosse madame (ou un gros monsieur, c’est selon) vient automatiquement prendre place à mes côtés et engouffrer la presque totalité de l’espace, donc s’asseoir directement sur mes genoux ?

Pourquoi les gens se pensent-ils capables de lire en marchant ?

Pourquoi suis-je inexistante aux yeux des autres quand je marche dans la rue ?

Pourquoi suis-je incapable de l’oublier ?

Pourquoi, quand je sors du métro un lundi matin, j’ai l’impression que les gens marchent d’un pas militaire directement en enfer ?

Pourquoi ai-je une fixation sur les gauchers ?

Pourquoi suis-je constamment à la recherche ?

Pourquoi, quand j’écoute une chanson triste et que je suis dans un état mélancolique, je me sens comprise et réconfortée ?

Pourquoi ai-je le sentiment de ne pas être aimée ?

Pourquoi ai-je l’impression de faire gaffe par-dessus gaffe ?

Pourquoi les gens se croient-ils plus importants que ce qu’ils sont réellement ?

Pourquoi suis-je addict à Friends ?

Pourquoi ai-je le feeling de ne pas vivre ma vie pleinement ?

Pourquoi suis-je angoissée ?

Pourquoi la minute où je me retrouve dans un semblant de relation la chienne me pogne ?

Pourquoi est-ce impossible de la revoir ?

Pourquoi, quand j’entends David Usher chanter Believe in hope, Believe in faith, Believe in things I can’t fight, je deviens automatiquement fébrile et remplie d’optimisme ?

Pourquoi je me lève certains matins en croyant que je suis la plus grande loser de 5’ 5’’ au monde ?

Pourquoi suis-je systématiquement sous l’emprise de mon pattern relationnel ?

Pourquoi sont-elles toutes pareilles ?

Pourquoi ? Hein ? Pourquoi ?

3 comments mai 31, 2007

pantalon couleur prune et torse nu

La journée était terne et pluvieuse, propice à une prompte grivoiserie toujours appréciée. Il y avait quelque chose dans l’air. Je ne sais quoi exactement. Une espèce de mélancolie, de tristesse. J’avais enfilé mon plus beau pantalon de pyjama. De couleur prune. Étrangement, je n’aime pas les prunes. J’étais couchée en étoile parce que je voulais profiter de tous les recoins frais gracieusement offerts par mon lit. Demi-comateuse et torse nu. Je n’arrivais pas à décider si je me laissais galamment envelopper par le sommeil ou si je devais fixer un objet imaginaire sur mon mur, perdue dans mes pensées. 9 Crimes tournait sur repeat depuis au moins deux bonnes heures. Leave me out with the waste. This is not what I do. It’s the wrong kind of place. To be thinking of you. J’étais fascinée par ce que la mélodie créait dans ma tête. Dans mon corps. J’étais hypnotisée par la beauté et la symbiose des voix de Damien Rice et Lisa Hannigan. Le piano. À la première note, un frisson parcourait toutes les vertèbres de ma colonne, une par une, tranquillement, jusqu’à ce que mon cuir chevelu se hérisse. It’s the wrong time. For somebody new. It’s a small crime. And I’ve got no excuse. Profondeur. Angoisse. Émotion. Le genre de chanson que j’écoute les yeux fermés, complètement désillusionnée de la vie, blottie dans les bras réconfortants de la personne dont je suis éperdument amoureuse, à ce moment-là. Ça change souvent. Je n’y peux rien, je craque souvent au premier battement de cils. Ou au premier regard éblouissant. Ou au premier sourire fondant. Ou au premier baiser enflammé. Ou au premier effleurement grisant. Is that alright with you?

C’est habituellement à cet instant que je réalise que mon imagination a pris le dessus sur la réalité. Je ne suis pas blottie dans les bras réconfortants de la personne dont je suis éperdument amoureuse, je n’ai pas de premier battement de cils, de premier regard éblouissant, de premier sourire fondant, de premier baiser enflammé, de premier effleurement grisant. Je suis simplement couchée, torse nu, en pantalon couleur prune.

9 Crimes sur repeat.

It’s the wrong kind of place. To be cheating on you. It’s the wrong time. She’s pulling me through. It’s a small crime. And I’ve got no excuse.

Je frissonne.

Add comment mai 30, 2007

mousse utopique

Elle avait été abandonnée par ses pairs. Elle était seule au monde comme chantait Corneille. Elle ne savait pas vers qui ou quoi, en fait, se tourner. Elle savait et comprenait que ses jours étaient comptés, et après mûre réflexion, elle s’était dit qu’elle préférait profiter de chaque moment offert plutôt que d’angoisser à l’idée de s’envoler vers un monde supposément meilleur. Elle s’était terrée dans un recoin douillet qui lui proposait un réconfort passager mais ô combien apprécié. De tous les petits moments de bonheur qu’elle pouvait avoir, aussi minimes soient-ils, ceux où elle pouvait profiter du soleil lui procuraient une extase indescriptible. Parfois, lorsqu’elle se vitaminait aux rayons lumineux, il pouvait venter tellement fort qu’elle devait s’agripper solidement à sa serviette, sinon elle s’envolait telle une poussière de pollen aéroportée au printemps. Chaque fois, elle s’esclaffait, elle jubilait sous les bourrasques : le mouvement, les effluves frais et enivrants, la chaleur, tout lui semblait comme dans un conte de fées. À défaut de mener une vie de princesse, son imagination se prêtait facilement au jeu. Elle souriait.

Un jour, alors qu’elle se laissait bercer par les caprices du vent, elle avait fait fi des nuages menaçants qui s’attroupaient au-dessus de sa minuscule tête. Ce qui devait arriver arriva : une pluie torrentielle et soudaine se mit à tomber. Incapable de lutter contre les violentes rafales et la flotte, elle manqua de force et lâcha prise.

Sa vie s’envolait ainsi vers un monde supposément meilleur.
Qui a dit que la vie d’une mousse de serviette était facile ?

mai 28, 2007

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