Archive for juillet 2007
saule pleureur
Je suis sortie du ventre de ma mère en chignant et en criant de mon petit cri atrocement strident, déchirant les tympans du sympathique personnel obstétrical de l’Hôpital Saint-Luc…
Trente ans plus tard, je braille toujours autant. Je pleurniche de temps en temps, je pleure quand j’ai un trop-plein de tristesse ou quand je suis trop heureuse. Je sanglote quand la pression devient insupportable, je geins d’un ton pleurard quand je n’arrive pas à expliquer correctement un point de vue quelconque… Disons que je tremble facilement du menton. Ma larme n’a pas toujours d’explications plausibles. Parfois c’est de la fatigue, parfois c’est une situation. Parfois c’est vraiment rien : j’ai l’œil larmoyant quand je vois un chat écrasé ou une personne âgée qui veut traverser la rue et qui a toute la misère du monde à marcher. J’ai déversé toute l’eau de mon corps à jeun dans mon lit d’hôpital quand on m’a amenée à la salle d’opération. J’ai arrêté quand une des infirmières m’a dit que je l’aurais enfin mon frame en titanium. Pas sur mon vélo, non, dans ma main. Des fois, je dis bien des fois, quand je vois un homme qui a de plus gros seins que moi, il m’arrive d’avoir un hoquet sanglotant. C’est pas juste. Et j’admets avoir eu la joue perlée en visionnant Un homme et son péché. Mais pas à l’endroit où paraît-il tout le monde (lire les filles) éclate en sanglots. Pentoute. Moi, c’est quand le cheval meurt. Anyway.
Il m’arrive aussi d’avoir le cœur gros pour des vraies raisons : j’ai pleuroté à en être déshydratée la perte de l’amour de ma vie, tant la première que la deuxième fois. J’ai versé des larmes de déception quand mon hystérique aux yeux félins m’a abandonnée. Tsé, des vraies raisons…
Et maintenant, je chiale les quatre semaines qui restent avant mes vacances, je brame joyeusement Osheaga et je larmoie péniblement le marathon de Montréal qui vient à grands pas…
Décidement, il y a des choses qui ne changeront jamais.
3 comments juillet 31, 2007
sans réponse
(Tu fais quoi si je tombe amoureuse de toi ?)
Nos corps étaient entremêlés. Mes jambes tricotées serrées avec les tiennes. Ma poitrine entrelacée par tes bras. Tes lèvres délicatement posées sur mon épaule droite. Il faisait chaud. Pour une des rares fois, ça ne me dérangeait pas. J’étais, comment dire, juste bien. Pour une des rares fois, il n’y avait pas de points d’interrogation dans ma tête. Je profitais du moment. De la sensation de nos corps étendus côte à côte, collés, emmêlés.
Aucun point d’interrogation, non, mais j’avais quand même des trucs qui taquinaient ma rêverie.
Je m’inquiétais.
Je m’inquiétais de ne plus jamais voir ton visage s’illuminer. Et j’étais effrayée de constater que tu étais dans mes pensées. Jour après jour après jour… Mon silence m’angoissait. Le tien encore plus. Ta respiration était constante. Tu dormais à poings fermés, dans la chaleur, dans nos odeurs. J’avais les deux yeux grands ouverts et je fixais la lune, pleine, qui brillait dans toute sa splendeur. Une belle lune blanche, vierge de toutes impuretés, qui entrait en contraste avec une nuit charbonnée, une noirceur qui justifiait l’état vagabond de mon imagination. Je tentais de déchiffrer nos moments, nos rencontres. Je revivais nos instants de faiblesse. Pendant toutes ces semaines, tu as été ma faille, ma rechute. Temporaire. Supposément. Je me demande ce que je suis pour toi, maintenant que tu dors profondément. C’est ma question. Que je n’ose pas poser. Et que je ne poserai jamais. Je préfère t’avoir paisiblement endormi dans la chaleur, dans nos odeurs, que de te savoir ailleurs. Je préfère être ton entrelacement du moment que de te regretter indéfiniment. La lune, pleine, m’éblouit toujours. Mes yeux se font lourds. Ton corps contre le mien est délicieux.
* Soupir *
(Tu fais quoi maintenant que je suis amoureuse de toi ?)
Add comment juillet 28, 2007
…
Dis-moi, tu te souviens du crépitement d’étincelles quand on s’est vus ?
Dis-moi, tu te souviens qu’on disait qu’ensemble on était invincibles ?
Dis-moi, tu te souviens qu’on disait qu’on serait éternellement amoureux ?
Dis-moi, tu te souviens qu’on disait qu’il n’y avait rien de plus magique que de se laisser tomber sans filet, aucun ?
Dis-moi, tu te souviens qu’on disait que la minute où on s’accrochait notre cœur grandissait, notre bonheur mutuel se déversait ?
Dis-moi, tu te souviens du silence frénétique de notre première nuit ?
Dis-moi, tu te souviens qu’on ne pouvait passer plus de deux minutes sans se goûter, sans se toucher ?
Dis-moi, tu te souviens de la complicité qui nous allait si bien ?
Dis-moi, tu te souviens quand tu m’as dit que tu avais besoin de temps ?
Dis-moi, tu te souviens quand tu m’as dit que tout était trop, trop vite, trop intense ?
Dis-moi, tu te souviens quand tu as cessé de sourire ?
Dis-moi, tu te souviens quand je t’ai dit que je voulais vivre sans pleurer ?
Dis-moi que tu t’en souviens.
Parce que moi, je m’en souviens. Trop bien.
1 comment juillet 27, 2007