Archive for 8 juillet 2007

intangibilité d’un aveu

00 h 33 un vendredi soir. Le 33 est absurde, mais c’est exactement l’heure affichée au tableau médias dans le métro. Je déteste prendre le métro à minuit. Je trouve les gens étranges, sans raison. C’est simplement qu’il est tard et que je n’ai aucune envie de me trouver dans les transports en commun après tous les événements vécus, surtout en une seule journée. Je me trouve au milieu de jeunes, de vieux, de moyens-vieux, de soûlards, de réveillés-un-peu-trop, de loques humaines, bref de gens tous différents dans l’ensemble. Une infirmière avec son kit d’infirmière aux couleurs vivantes qui vient de peut-être sauver une vie, un aveugle accompagné de son chien-guide qui ferme les yeux de fatigue, des amoureux qui s’embrassent et qui chérissent la vie dans laquelle ils se retrouvent soudainement mais qui va peut-être s’écrouler dans un mois ou demain, qui sait, un gambleux qui va perdre toutes ses économies au casino, secrètement.

Je suis bien entourée, en effet.

Debout sur le quai, je réfléchis à la soirée qui vient de se terminer. Je viens de quitter des personnes, des amis qui me sont chers. Je ne sais pas s’ils savent ce qu’ils représentent à mes yeux. Importance capitale. Les trois. Sans exception. J’ai un deuxième grand frère et deux vieilles sœurs que j’aime de tout mon cœur. Je n’ai rien à leur cacher puisque je n’en ressens aucunement le besoin. Je suis qui je suis, et ce qui est merveilleux dans toute cette histoire, ils m’acceptent ainsi. C’est étrange, même incompréhensible. Avec mes défauts, mes qualités, mes forces, mes faiblesses, mes pitreries, mes ignorances, mon lunatisme parfait, mon éclat passager d’intelligence, ma répartie déformée et inventée, mes éclairs de génie, mes abus, mes commentaires hors de propos et non pertinents, mon manque de corrélation, mon zézaiement éthylique et autres. Enfin. Je suis extrêmement reconnaissante de les avoir dans ma vie. Et ils ne savent probablement pas qu’ils contribuent directement à ma béatitude prochaine. Ils m’aident à comprendre des choses dont je n’aurais jamais voulu accepter l’existence. Plutôt faire abstraction de la réalité et vivre dans le déni. Ironiquement, c’est plus facile. C’est plus facile de simuler le bien-être que d’avouer une tristesse profonde et accablante d’un vide abyssal. Faux sourires et yeux moqueurs. Pour les quelques personnes qui assistent aux remous de mon évolution sur une base quotidienne, les apparences sont trompeuses. Aucune indisposition. Mais pour ces trois personnes qui font partie intégrante de mon lyrisme abracadabrant, mon utopie est inexistante. Ou presque. C’est me permettre de ressentir dans toutes les parcelles de mon être ce que Ain’t it good to breathe the air, Another spin around the sun, On this spec of light in the universe, A little a piece of in everyone… Ain’t it good to be alive, Ain’t it good to be alive, To feel the sun strong against your face, Spills over me like the milky way signifie, pour les trois ou quatre heures où j’ai la chance d’être en leur présence. C’est une brise agréable et chaude d’une journée d’été qui effleure et apaise mon esprit. Allègement de mes pensées. Pour trois ou quatre heures seulement.

juillet 8, 2007


 

juillet 2007
L Ma Me J V S D
« juin   août »
 1
2345678
9101112131415
16171819202122
23242526272829
3031  

Catégories

ma jalousie

Archives

Commentaires récents

N sur parce que
Nina_Tool sur things will never be the …
M. sur les DOs and DON’Ts
lost art sur une seconde
unefillecommeca sur une seconde