Archive for 12 août 2007

décalage

10 h 19, dimanche matin, 16 heures de sommeil. Je suis légèrement ankylosée. Dans mon corps, dans mon cerveau.

Tu n’es pas là. Loin. C’est étrange.

Je ne sais pas si je devrais le prendre comme un signe, mais mon iTunes s’est arrêté sur One more night de Phil Collins. C’est en effet ce que j’aimerais. J’y pense et je frissonne. Mais c’est peut-être parce que j’ai un peu froid dans mon sous-sol humide et inhabité. J’ai le cœur embrumé. J’ai les yeux mouillés. Tu m’as dit que c’est bien de s’ennuyer. Je ne peux que seconder ton affirmation. Depuis ton départ, je me surprends à regarder l’heure plus souvent pendant la journée. Comme si les heures allaient avancer plus vite, comme si les journées allaient devenir moins longues. Je me surprends à calculer mentalement, chose que je n’ai jamais été capable de faire puisque la mathématicienne en moi est en grève depuis la première année du primaire. J’additionne le décalage qui nous sépare. Je compte avec mes doigts. Plus six. Toujours. Quand je me lève, tu dînes. Quand je dîne, tu cinqàsept. Quand je soupe, tu fais la fête. Tu rencontres des gens, des nouvelles personnes qui feront désormais partie de ta vie européenne. Peut-être vas-tu rencontrer la femme de ta vie? Peut-être vas-tu m’oublier comme tous les autres ont fait? Frissons. Plus six, toujours. Six soupirs. Je divague dans ma brume matinale. C’est le genre de journée où j’aurais aimé que tu sois là. J’ai besoin de ton réconfort, de tes yeux affamés. Je me sens comme un gros cachalot avec ma taille de guêpe et mon cul de taon. Tu m’aurais dit que tu me trouves belle, que je suis la plusse belle. Tu m’aurais embrassé. Les aiguilles des heures et des minutes auraient arrêté leur course. Ô temps, suspends ton vol ! Des souvenirs auraient été créés dans le confort de tes bras, dans le creux de mon cou, sur nos lèvres. J’ai du travail à faire, mais j’en suis incapable. Esprit brumassé. J’aurais besoin de me botter le cul de taon. Tu fais quoi làlà ? J’essaie de ne pas trop y penser. J’ai voulu pédaler pour me changer les idées, mais pour une des rares fois, la volonté n’y était pas. Plus six.

I know there will never be a time you’ll ever feel the same, And I know it’s only words, But if you change your mind you know that I’ll be here, And maybe we both can learn.

Je suis engourdie. Pas l’engourdissement dans lequel tu me laisses après nos nuits incandescentes, indécentes, non. Engourdie par mon vague à l’âme. J’aurais préféré que mon état soit tout autre, honnêtement. Plus six. J’ai envie de rien. Sauf de toi. D’être avec toi. J’ai toute la misère du monde à prendre une décision. Il m’est impossible de réfléchir. La patience a quitté ma petite personne. Mon beau Mac tout blanc est au ralenti. Mon iTunes est en boucle. Je n’ai qu’une chose en tête…

One more night.

Juste une, mais qu’elle soit éternelle.

1 comment août 12, 2007


 

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