sentiment automnal

août 19, 2007

L’été est sur le point de tirer sa révérence. C’est le moment que je préfère. Début des froides soirées où il faut se réfugier sous une grosse couverture de laine, où il faut se coller, s’attirer, se teaser. Ou encore se réveiller, blottis l’un contre l’autre, quand les matins sont encore frais, quand l’odeur du café du dimanche mélangée aux rayons de soleil et à la poussière deviennent réconfort instantané. Ce sont mes moments préférés. Les journées d’automne. Les feuilles qui tombent, les arbres dénudés, le parfum typique, l’immobilité d’une ville qui se prépare tranquillement au silence hivernal. L’automne. Ce sont les promenades où je pendouille à ton bras, où je suis accrochée parce que je ne veux pas te lâcher. Ce sont les promenades où j’erre seule, où mille et une histoires me traversent l’esprit, où mille et une histoires viennent me hanter, me dicter une ligne de pensée. La réalité. Elle est claire cette réalité. Que vais-je faire ? Que vais-je devenir ? Toutes ces lettres que je t’ai écrites mais que je n’enverrai jamais, tous ces mots pensés pour toi mais que tu n’entendras pas, toutes ces frivolités imaginées qui ne deviendront jamais vérité. Même dans la fixité de l’air, tu m’entends soupirer. Mon errance me tourmente; je me sens seule en ta compagnie, unique, je me sens si petite dans ce monde de grands. Je me sens bousculée, assommée par les paroles lancées : Je t’aime, je t’adore à la folie, j’ai envie de t’aimer de la tête aux pieds.

Pourquoi partir alors ?

Depuis, je marche en zigzaguant, j’évite les pièges tendus, rebutée par l’idée que tu puisses revenir m’obséder, me tétaniser. J’ai tout essayé. T’oublier. Mais je n’y peux rien. Je suis ensorcelée, convaincue que tu finiras par découvrir mes pensées, les images. C’est toi. Tout est toi. Tu me montes à la tête, et un peu partout aussi. C’est toi et moi couchés dans le gazon, nos corps agglutinés, les brins d’herbe caressant nos dos. Toi et moi à l’hiver, au printemps, à l’été, à l’automne. Toi qui reviens, toi qui me prends, toi qui me veux. Indéfiniment.

Mais les nouvelles se font de plus en plus rares. Penses-tu à moi ? Penses-tu au temps ? Essaies-tu de m’oublier ? Essaies-tu d’oublier cette fameuse soirée où je t’ai vu fermer les yeux quand je me suis approchée, quand je t’ai caressé la joue du bout du nez ? Tu te souviens après tu t’es mis à fredonner ? Il me semble que c’était un lundi. Peu importe. Je voulais t’appeler, je veux te parler, mais je n’ai rien à dire. Je veux simplement entendre le timbre de ta voix, ton demi-accent apaisant, excitant, qui me fait rire, qui me fait sourire. Mais tu n’es pas là. J’aurais voulu te dire que moi aussi je t’aime, moi aussi je t’adore, moi aussi j’ai envie de t’aimer de la tête aux pieds. Mais contrairement à toi, ce ne sont pas des paroles en l’air. C’est vrai. Mais tu n’es pas là. Tu n’es plus là.

Tant mieux.

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