Archive for 23 août 2007
amitié dissolue
Oui je sais, il était tard. Ou très tôt en fait. Différente perspective.
Le soleil nous accueillait. On parlait dans la rue. Paisiblement. Tu m’annonçais sans trop d’enthousiasme que tu vivais avec quelqu’un. Moi aussi. Dans l’ombre du soleil, nous avons élaboré une vision de notre amitié. Une autre version. Nous voulions provoquer l’inconnu. Tu m’as dit : « Sois prudente ». Comment faire preuve de prudence quand j’ai peine à me contenir en ta présence ? Provoquer l’inconnu ! Tel un slogan.
Provoquer l’inconnu ?
Mon cœur s’est un peu trop aventuré. Vers cet inconnu inaccessible. Il est resté longtemps accroché, planté, il a tant espéré que tu lui offres une place à côté du tien. Mais rien. Pourtant je te sentais tout aussi fébrile en ma compagnie. Comme si tu ne voulais pas réveiller le monstre amoureux qui sommeille en toi, comme si tu voulais résister à une force invisible. Tu me zieutais en chantonnant Every little thing she does is magic… Comment ne pas être charmée ? Je ne comprenais pas comment tu pouvais ressentir autant de craintes à mon égard. Peur de l’engagement ? Avec moi ? Ce que nous avons est surnaturel, tu le sais. Complicité, intégrité, pureté. Connaissance de tous les angles de mon être. Pourquoi fermer les yeux ?
Provoque l’inconnu ! Go !
Immobiles, entourés mais seuls, on voulait refaire le monde, là, dans la rue. Refaire nos vies. On dit rien et pourtant on s’comprend. Ça fait tellement longtemps qu’on s’attend. Nos regards se sont croisés, notre rythme cardiaque s’est accéléré. Nos mains, truffées de miracles, se sont retrouvées. Libération des obsessions. L’inconnu était provoqué. Mais tes gestes, tes actions me dictaient que tu avais peut-être fait une erreur. Quelle contradiction. Quelle attirance. Tu subissais désormais l’inconnu.
L’inconfort.
Criss d’inconnu qui me laisse déambuler, qui me fait marcher. Maintenant, je compte les secrets, j’aspire à plus, je comprends assurément. Je comprends que tu veux ma solitude, que tu veux me faire payer d’avoir succombé, de t’avoir goûté dans l’incertitude. Tu m’en veux de te trouver extraordinaire, tu m’en veux d’en vouloir plus, tu m’en veux de ne voir que toi. Inconnu incongru. Je m’en veux de devoir t’abandonner, de retomber dans l’anonymat, de pleurer le monstre qui sommeillera désormais en moi. À cause de toi.
Add comment août 23, 2007