Archive for août 2007
amitié dissolue
Oui je sais, il était tard. Ou très tôt en fait. Différente perspective.
Le soleil nous accueillait. On parlait dans la rue. Paisiblement. Tu m’annonçais sans trop d’enthousiasme que tu vivais avec quelqu’un. Moi aussi. Dans l’ombre du soleil, nous avons élaboré une vision de notre amitié. Une autre version. Nous voulions provoquer l’inconnu. Tu m’as dit : « Sois prudente ». Comment faire preuve de prudence quand j’ai peine à me contenir en ta présence ? Provoquer l’inconnu ! Tel un slogan.
Provoquer l’inconnu ?
Mon cœur s’est un peu trop aventuré. Vers cet inconnu inaccessible. Il est resté longtemps accroché, planté, il a tant espéré que tu lui offres une place à côté du tien. Mais rien. Pourtant je te sentais tout aussi fébrile en ma compagnie. Comme si tu ne voulais pas réveiller le monstre amoureux qui sommeille en toi, comme si tu voulais résister à une force invisible. Tu me zieutais en chantonnant Every little thing she does is magic… Comment ne pas être charmée ? Je ne comprenais pas comment tu pouvais ressentir autant de craintes à mon égard. Peur de l’engagement ? Avec moi ? Ce que nous avons est surnaturel, tu le sais. Complicité, intégrité, pureté. Connaissance de tous les angles de mon être. Pourquoi fermer les yeux ?
Provoque l’inconnu ! Go !
Immobiles, entourés mais seuls, on voulait refaire le monde, là, dans la rue. Refaire nos vies. On dit rien et pourtant on s’comprend. Ça fait tellement longtemps qu’on s’attend. Nos regards se sont croisés, notre rythme cardiaque s’est accéléré. Nos mains, truffées de miracles, se sont retrouvées. Libération des obsessions. L’inconnu était provoqué. Mais tes gestes, tes actions me dictaient que tu avais peut-être fait une erreur. Quelle contradiction. Quelle attirance. Tu subissais désormais l’inconnu.
L’inconfort.
Criss d’inconnu qui me laisse déambuler, qui me fait marcher. Maintenant, je compte les secrets, j’aspire à plus, je comprends assurément. Je comprends que tu veux ma solitude, que tu veux me faire payer d’avoir succombé, de t’avoir goûté dans l’incertitude. Tu m’en veux de te trouver extraordinaire, tu m’en veux d’en vouloir plus, tu m’en veux de ne voir que toi. Inconnu incongru. Je m’en veux de devoir t’abandonner, de retomber dans l’anonymat, de pleurer le monstre qui sommeillera désormais en moi. À cause de toi.
Add comment août 23, 2007
sentiment automnal
L’été est sur le point de tirer sa révérence. C’est le moment que je préfère. Début des froides soirées où il faut se réfugier sous une grosse couverture de laine, où il faut se coller, s’attirer, se teaser. Ou encore se réveiller, blottis l’un contre l’autre, quand les matins sont encore frais, quand l’odeur du café du dimanche mélangée aux rayons de soleil et à la poussière deviennent réconfort instantané. Ce sont mes moments préférés. Les journées d’automne. Les feuilles qui tombent, les arbres dénudés, le parfum typique, l’immobilité d’une ville qui se prépare tranquillement au silence hivernal. L’automne. Ce sont les promenades où je pendouille à ton bras, où je suis accrochée parce que je ne veux pas te lâcher. Ce sont les promenades où j’erre seule, où mille et une histoires me traversent l’esprit, où mille et une histoires viennent me hanter, me dicter une ligne de pensée. La réalité. Elle est claire cette réalité. Que vais-je faire ? Que vais-je devenir ? Toutes ces lettres que je t’ai écrites mais que je n’enverrai jamais, tous ces mots pensés pour toi mais que tu n’entendras pas, toutes ces frivolités imaginées qui ne deviendront jamais vérité. Même dans la fixité de l’air, tu m’entends soupirer. Mon errance me tourmente; je me sens seule en ta compagnie, unique, je me sens si petite dans ce monde de grands. Je me sens bousculée, assommée par les paroles lancées : Je t’aime, je t’adore à la folie, j’ai envie de t’aimer de la tête aux pieds.
Pourquoi partir alors ?
Depuis, je marche en zigzaguant, j’évite les pièges tendus, rebutée par l’idée que tu puisses revenir m’obséder, me tétaniser. J’ai tout essayé. T’oublier. Mais je n’y peux rien. Je suis ensorcelée, convaincue que tu finiras par découvrir mes pensées, les images. C’est toi. Tout est toi. Tu me montes à la tête, et un peu partout aussi. C’est toi et moi couchés dans le gazon, nos corps agglutinés, les brins d’herbe caressant nos dos. Toi et moi à l’hiver, au printemps, à l’été, à l’automne. Toi qui reviens, toi qui me prends, toi qui me veux. Indéfiniment.
Mais les nouvelles se font de plus en plus rares. Penses-tu à moi ? Penses-tu au temps ? Essaies-tu de m’oublier ? Essaies-tu d’oublier cette fameuse soirée où je t’ai vu fermer les yeux quand je me suis approchée, quand je t’ai caressé la joue du bout du nez ? Tu te souviens après tu t’es mis à fredonner ? Il me semble que c’était un lundi. Peu importe. Je voulais t’appeler, je veux te parler, mais je n’ai rien à dire. Je veux simplement entendre le timbre de ta voix, ton demi-accent apaisant, excitant, qui me fait rire, qui me fait sourire. Mais tu n’es pas là. J’aurais voulu te dire que moi aussi je t’aime, moi aussi je t’adore, moi aussi j’ai envie de t’aimer de la tête aux pieds. Mais contrairement à toi, ce ne sont pas des paroles en l’air. C’est vrai. Mais tu n’es pas là. Tu n’es plus là.
Tant mieux.
Add comment août 19, 2007
deuxième aveu
Quelle mauvaise idée j’ai eue de butiner, de te laisser voler, envoler, de tes propres ailes quand tu es la seule personne qui me connaît vraiment, quand tu es la seule personne que j’aime absurdement, quand tu es la seule personne avec qui je veux partager mes idées, mes pensées, ma volupté, assurément.
Je t’ai menti. Je t’ai trompé.
Histoires du passé.
Je suis morte, j’ai réssuscité, puis j’ai abandonné. En vain.
Je me suis réveillée en pensant que j’aurais pu être n’importe quoi, n’importe qui.
J’ai essayé d’être une bonne personne, mais je n’étais pas la meilleure.
J’ai perdu la guerre, l’espoir. J’ai perdu ma bataille contre la vie et ses aléas.
J’ai fait des promesses, que je n’ai pas tenues.
Les premières chances, je les ai ignorées, méprisées.
Les deuxièmes chances, je les ai bues, noyées.
Les troisièmes chances ne sont jamais venues, éloignées.
Toutes ces chansons que j’aimais, que je chantais à tue-tête en ne sachant pas ce qu’elles signifiaient réellement pour toi, je les ai brûlées, je les ai oubliées.
Je me suis tue par nécessité.
Avant, je fermais les yeux en horreur sur le mensonge, ma vie.
Maintenant, je les ouvre, impuissante, devant la fatalité, ma duplicité, ton dédain.
On doit se dire adieu.
Faut-il vraiment se dire adieu ?
Changer le cours de l’histoire, de notre histoire, une solution ?
Recommencer à zéro ou à neuf, peu importe, tu choisis.
Puisqu’il n’y a pas si longtemps, on dansait, on chantait, on sautillait.
On s’amusait, on s’aimait.
Assis côte à côte aujourd’hui, c’est à peine si on daigne parler, c’est à peine si on ose se regarder.
Histoires du passé, tu es blessé. Je sais.
Je condamne cette fin, je maudis le destin.
Je m’indigne contre ma solitude méritée.
Je fulmine contre ma mauvaise idée, mon manque d’authenticité.
Peut-être qu’un jour, je serai pardonnée.
Add comment août 19, 2007