Archive for septembre 2007
inspiration
(Alfa Rococo)
Sans détour, j’ai foulé tous les chemins des bois
Pris de court, j’ai suivi les traces de tes pas
Aujourd’hui plus que les échos de ta voix
Et l’ombre des saules qui pleurent au-dessus de moi
Et tu n’es pas là
Sans recours, j’ai filmé dans tous les endroits
Tout autour, pas une seule image de toi
J’ai projeté les plans sur un écran de cinéma
Et sur mes lèvres toujours ce mot qui reste là
Pourquoi ?
Pourquoi tu n’es pas là ?
Tu n’es pas là
Et je pense à toi
J’ai fouillé tous les états
Je cherche et ne trouve pas
Je t’en prie réponds-moi
Je pense à toi…
C’est sans équivoque mes pensées d’aujourd’hui, un peu celles d’hier et définitivement celles de toute une vie. J’en garde un souvenir impérissable, d’une clarté digne du plus beau diamant au monde. Comme toi. Scintillant. Je maintiens mon amour, un amour aveugle, éternel, maladif, authentique. Il finira par jaillir, par gicler sans fin. Au dernier instant. Je le souhaite. Pour le moment, j’ai envie de toi, sans comprendre. Je marche, je fonctionne, je pitonne, je pense, je métro-boulot-dodo, je jalouse, je… je… je… Toi.
Je n’ai rien de plus à ajouter. Tout est dit. Ou chanté.
Je pense à toi. Simplement.
Voilà.
Add comment septembre 18, 2007
ce matin
Cinq heures du mat. J’ai pleinement conscience que l’obscurité pèse lourd dans mon dos. Le ciel se réveillera tranquillement et se manifestera par des nuages onctueux et des bribes timides d’un soleil somptueux. Une autre belle journée s’annoncera. Mais je ne tiens pas à ce qu’elle commence. J’aimerais que la nuit m’avale encore, m’engloutisse goulûment. Tourbillon de tourments. Je sens ton haleine sucrée. Tes bras enlacés. Ton corps chaud. Je sens l’indifférence dans tes silences. Dans ton silence matinal. Je sens ton amour ceinturé, je me sens enveloppée, mais je ne te sens pas, toi.
Chuchoter ton nom dans la nuit à moitié éveillée.
L’appartement est ombragé comme s’il devinait notre avenir. Il s’adapte au fil des journées. J’ai l’esprit confit. L’amour n’est-il pas un ange déguisé ? Il me semble que l’épanouissement qui m’assaillit demanderait une réflexion approfondie. Étrange impression de jamais-vu. C’est encore difficile d’expliquer ce qui se passe. Il reste tant. Tout comme il reste encore un peu de ta saveur dans ma bouche, de passé dans tes sourires, de faiblesse dans tes mouvements, de blessures dans tes questionnements. Ou encore des endroits que je n’ai pas embrassés sur ton visage. J’ai savouré tes lèvres, goûté ton nez, salivé tes joues, mais ton front. Pourquoi ne me suis-je pas encore délectée de ton front ? Aucune idée. Chaque jour, tu avances un peu plus vers moi. Près de moi. Tellement que ma vue s’embrouille. Mes genoux fléchissent. Fébrile, je m’accroche. Je patiente.
Chuchoter ton nom dans la nuit à moitié éveillée.
Après tout ce temps, ton chant est toujours dans mes oreilles. Il reste des mots que j’aspire à entendre, après tout ce temps, encore. Pour nous, notre nous, ce que j’aimerais ce serait d’écumer nos pensées, fracturer nos histoires, vaincre la sensation de déjà-vu. Pour toi. Pour moi. Pour une fois, être aveugles et sauter à pieds joints par-dessus notre envie de voir à tout prix. Cesser de bouder le bonheur, fermer les fenêtres avant les orages. Parler avant les ravages.
Chuchoter ton nom dans la nuit à moitié éveillée.
Ce matin, je vais traverser le parc et capter des détails qui embellissent l’existence. Je vais m’inspirer de l’harmonie des oiseaux, du vent qui fait chanter les arbres, de l’humidité automnale qui réchauffe mon cœur. Avant de quitter l’appartement, tu prendras ma main dans la tienne et tu marcheras avec moi d’un pas alerte, mais lent, les vingt-sept enjambés qui séparent le salon du balcon. Tu déposeras délicatement un baiser sur ma bouche en me souhaitant une belle journée. Tu te pencheras afin que je puisse me délecter de ton front, pour la toute première fois.
Après avoir chuchoté ton nom dans la nuit à moitié éveillée, tu m’as répondu d’une voix que je ne reconnaissais pas. J’ai chuchoté encore ton nom, un peu affolée. Tu m’as répondu à nouveau que j’étais aimée.
À cinq heures du mat, pour la toute première fois, après tout ce temps, je t’ai senti.
Add comment septembre 16, 2007
aujourd’hui, hier, demain
Aujourd’hui, j’ai envie de folies.
Tout comme hier, j’avais envie de glace au sucre d’érable.
Et demain, je vais avoir envie de la Vie. Grand v, petit i, petit e.
Ça ne se contrôle pas.
C’est avoir envie de.
Oui.
Et aujourd’hui, en regardant par la fenêtre, je me suis dit que c’était comme une histoire d’amour. Encore. Sans banalité. Toujours.
Tout comme hier, en conduisant vers ma retraite laurentienne méritée et préférée, je ne pouvais m’empêcher de penser à toi.
Et demain, je sens que je vais en vouloir plus. Beaucoup plus. Je veux qu’une main, ta main, m’effleure derrière une porte close. Touche tout mon corps, ma peau. Longtemps, avec affection, chaleur, fièvre. Ensorcellement. Et appétit.
Tu m’entends ?
Tu comprends ?
Aujourd’hui, j’étais perdue. Dans ma tête. J’ai retrouvé une vieille photo où tu souriais des yeux. Je la garde dans ma chaussure droite où tout le poids du monde se ramasse, s’agglutine, se mélange. Oui, dans le pied droit. Et un peu dans le gauche, mais pas trop. Je suis déjà assez malagauche comme ça. J’avance de mes deux pieds pesants, mais souriants, vers toi. Bras ouverts, yeux amoureux, cœur battant la chamade.
Tout comme hier, en jouant au golf, mes plus beaux élans, je les ai faits en pensant à toi. Comme un élan de passion sans fin. Permanent.
Et demain, je ne voudrai pas te quitter. Comme tous les matins. Je reviendrai pour te goûter parce que j’en ai jamais assez. M’enfarger dans les marches d’escalier en colimaçon pour partager ma vérité.
Aujourd’hui, je suis dans mon lit, je ne dors pas, mais je suis vraiment fatiguée. Je pense à ton nom, comme dans un jeu, je le devine, je l’épelle, à l’envers, à l’endroit, de travers, n’importe comment. Deux morceaux de robot. Ton visage, difficile à oublier, facile de me voir accoter sur ton épaule. Facile d’imaginer. Oui.
Tout comme hier, déjà, c’était la date de retour. Ton retour. D’un claquement de doigts, l’écharde plantée en plein centre de mon ventricule (le droit) s’est évaporée, comme un mauvais rêve, disparue comme une petite punaise qui fuit l’eau chaude ou qui recherche le tissu afin de s’y blottir, s’y incruster. À jamais.
Et demain, je vais écouter les mots chantés et je t’avouerai de plein gré mon amour, mon éternel sentiment vulgarisé. Le rendre accessible, le simplifier, l’assumer. Tout entier.
Tu m’entends ?
Tu comprends ?
1 comment septembre 7, 2007