Archive for 5 octobre 2007

maths 101

Jeudi soir un peu à plat où j’aurais préféré me trouver ailleurs, perdue dans une foule, perdue accompagnée. Jeudi soir où je suis hyper allumée, trop à l’affût de mes émotions, où tout est vif, où tout est trop. Le ciel est bleu-noir, opaque mystérieux; les rues sont éclairées et complètement désertes. Mes haut-parleurs crachent des paroles en l’air, dans cet air d’octobre que j’aime tant…

Sweet like candy to my soul
Sweet you rock
and sweet you roll
Lost for you I’m so lost for you

J’ai tant de souvenirs. Oui, elles me rappellent tant ces paroles. Une époque, deux personnes, des centaines de points de vue différents, une trentaine de qualités et de défauts, quelques pensées dichotomiques, quatre yeux, vingts doigts… Les nombres disparaissaient sitôt que nous ne faisions qu’un. Aucune explication mathématique ne pouvait élucider le phénomène, aucune équation, aucune soustraction. Il n’y avait que l’addition, exposant au carré. Ou Pi et son infini.

If I’ve gone overboard
Then I’m begging you
to forgive me
in my haste
When I’m holding you so
close to me

Nous avions passé du temps, plusieurs minutes, des millions de secondes, d’innombrables heures à se regarder dans les yeux, à s’inventer des histoires par l’entremise de nos regards. Sans parole. Sans geste. On se dévorait. On faisait des jaloux, on s’en foutait. Tout comme ça nous passait six pieds par-dessus la tête d’arrêter la circulation coin Papineau et Gilford simplement pour s’embrasser parce que demain n’existe pas. S’embrasser comme s’il n’y avait aucun lendemain donc. En profiter. C’était simple. C’était ça.

Bare boned and crazy for you

Ce qu’il y avait de plus authentique, moi. Ce que j’adorais le plus au monde, toi. À nous deux nous formions ce que nous avions tant rêvé, nous.

Ouais, c’était une époque lointaine. Les temps ont changé, les regards ne se croisent plus de la même façon. Maintenant on court pour traverser les rues, on ne s’arrête plus pour admirer la lumière qui se reflète sur la rosée, on distribue difficilement des sourires gratuits. Par manque d’authenticité ? Ou par peur d’être trop aimé et apprécié ? Je ne sais pas.

Le crachotement de mes haut-parleurs me ramène à la réalité. En faisant mon backpack en ce jeudi un peu à plat, je me suis souvenue d’une époque que j’aimais tant. Et c’est avec cette époque en arrière-pensée que secrètement j’y arriverai. C’est tout.

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