Archive for novembre 2007
des fois
… je ne sais pas ce que je recherche. Ou pourquoi c’est vide.
… je suis incapable de contrôler ma folie. C’est ce que j’apprécie le plus.
… je me sens terriblement mal. Et je sais pourquoi. Des fois, non.
… je déteste mon style, mon corps, mon visage. Mon sourire. Je ne devrais pas.
… je souhaiterais que tu comprennes mes défauts, les petits comme les gros.
… je voudrais passer inaperçue, être invisible ou ne pas exister, carrément.
… je ne dis pas ce que je ressens. Parce que j’en ai trop dit. Ou parce que j’ai rien à dire.
… je regrette mes gestes, mes paroles, mes regards, mes pensées. Souvent, en fait.
… j’aimerais avoir six ans. Encore.
2 comments novembre 30, 2007
mouin
Aujourd’hui :
• Je ne comprends pas la tendance qui sévit présentement : tout le monde sent la cannelle ou goûte la cannelle. C’est un peu déstabilisant.
• Je compte sérieusement les jours avant les vacances de Noël. Au centième de seconde près.
• Je suis fascinée par le hasard de mon iPod qui chante… And did you hate me, hate me, hate me, hate me so good, that you just let me out, let me out, let me out… Quand c’est exactement ce à quoi je pensais : me détestes-tu au point de m’oublier?
• Je suis convaincue qu’il n’y a rien de plus libérateur que d’être assise seule dans un wagon de métro à 23 h 30 et de chanter à tue-tête Neo Violence. Sourires garantis et regards éblouis.
• Au risque de me répéter : je déteste le facteur humidex. Il est toujours aussi con.
• Je me demande d’où proviennent ces cinq mots recensés par WordPress pour trouver mon blog : « Que répondre mon bel amour ». Euh, hein?
• Je souris à la gougoune lilliputienne porte-clés de Cuba qui est bien installée au sommet de ma tour de post-it multicolores sur mon bureau. Plus que quelques mois avant de pouvoir ressortir les vraies. Taille réelle.
• Je me suis fait accoster du regard dans le métro, sourire ravageur inclus, par un bel Adonis complètement out of my league. Ma journée ne pouvait pas mieux commencer.
• Je fronce des sourcils et un peu du nez : les hommes incapables de voir à ce que leur fermeture éclair soit bien zippée me gossent. C’est le cas de le dire.
• J’aurais envie de m’attabler devant une couple de cosmo et de refaire le monde avec mes amis que j’aime. Je suis dans un mood éthylique. C’est dangereux. Surtout qu’il n’est pas encore midi…
novembre 29, 2007
sucre d’orge
16 h 46, un lundi de fin de novembre. J’avais les yeux qui piquaient d’avoir trop lu de mots futiles, agrammaticaux et incompréhensibles. J’avais une migraine qui menaçait de déclarer la guerre, mais incertaine des enjeux impliqués. Le gonflement de mon estomac affamé me donnait des airs de petit Biafra. J’exagère à peine. Je n’avais même pas eu le temps de déposer mon Pilot Hi-Tecpoint V5 extra fine rouge. Toute la journée, il avait habillé ma main droite cicatrisée et il avait barbouillé ma paume de sa bille écarlate. Comme d’habitude. J’étais épuisée. Mentalement. Mon téléphone m’indiquait qu’un message flottait dans ma boîte vocale. J’avais un étrange feeling dans mes tripes. Le son. Le ton. Ta voix. Toujours aussi espiègle, aussi grave, aussi joyeuse. Toujours aussi facile à reconnaître, malgré le bruit ambiant, malgré l’éloignement, malgré l’absence.
Plusieurs mois s’étaient écoulés depuis notre dernier échange. Physique, purement et simplement. Mais pas uniquement. J’en gardais des souvenirs si vifs qu’il m’arrivait de devoir inspirer-expirer à quelques reprises, question de laisser l’excitation qui s’éveillait en moi diminuer d’intensité. Depuis, j’avais décidé d’oublier les papillons d’énervement qui m’accaparaient la minute où je pensais à toi. Oublier les fois où j’avais attendu dans l’obscurité de ma chambre, notre chambre, que tu viennes me rejoindre. Oublier les heures qui s’égrenaient trop rapidement en ta présence. Chaque fois que je revoyais ces images, je ne pouvais m’empêcher de chanter en boucle I never really cared until I met you, and now it chills me to the bone… Tu avais eu cette emprise; tu avais laissé ta marque. Tellement de promesses avaient été formulées, comme si nous étions continuellement enivrés par nos présences, nos parfums, inconscients de ce qui nous arrivait, de ce qui nous attendait. Nous étions amoureux. L’un de l’autre. Mais nous n’osions l’avouer. Pourtant, nous nous regardions droit dans les yeux jusqu’à ce que nos pupilles se dilatent, jusqu’à ce que l’envie se fasse sentir sur nos lèvres, jusqu’à ce que nos mains deviennent impatientes de retrouver la chaleur qui se dégageait de nos corps nus. Jusqu’à ce que l’envie se fasse entendre. Jusqu’à ce que l’envie soit insupportable. Insurmontable. Inépuisable.
Cet été-là, tu avais été ma rechute. Tu avais fait briller mon cœur. Tu n’avais aucune idée depuis combien de temps je voulais effleurer ta bouche et sentir ta poitrine se gonfler dans mes bras. Contre moi. J’en avais des frissons.
Et cet été-là, nous avions été amoureux. L’un de l’autre. Tu avais posé ta tête sur mes cuisses et nous avions discuté. Ma main silonnait tes cheveux parsemés de minces filets blancs, elle effleurait ton bras; mon regard caressait tout ton être. Mon cœur t’aimait. À ma façon, j’avais laissé une marque subtile.
16 h 46, un lundi de fin de novembre, ta voix enregistrée et lointaine enveloppait mon oreille. Elle avait l’effet d’un sucre d’orge qui se dilue, tranquillement, laissant échapper un petit goût caramélisé et sucré. Réconfortant.
Je savais que ce soir, je pouvais t’attendre dans l’obscurité de ma chambre, qui n’était plus la tienne. Ou la nôtre. Je savais que tu serais là avant moi. Pour moi. Malgré ton impatience légendaire, tu aurais pris tout ton temps. Et malgré la gêne causée par les quelques mois d’éloignement, nous savions que nous serions à nouveau amoureux. L’un de l’autre. Pour une nuit, au moins.
novembre 27, 2007