pincements de cœur d’un 9 novembre

novembre 12, 2007

Je m’étais réveillée au beau milieu de la nuit, celle de jeudi à vendredi, en ne sachant pas trop ce qui venait de se passer. C’était probablement le plouk du robinet de cuisine qui faisait des siennes. Encore. Ou un mauvais rêve. J’étais loin d’être certaine. J’étais frigorifiée et malgré mon pyjama couleur prune et mes deux douillettes, je n’arrivais pas à me réchauffer. C’est comme si ce qui me gardait au chaud s’était soudainement volatisé. Je sentais tout le poids de la nuit sur mes épaules, nues et frêles. Je sentais qu’elle m’attirait vers ses profondeurs les plus tétanisantes. Il y avait une absence, un rien nulle part. Une noirceur que même le plouk du robinet de cuisine n’arrivait pas à diluer. J’ai essayé de mettre de la couleur dans le trou noir et vide que tu as laissé. Un passage, le tien. Mais depuis, je refoule mon passé sans réellement posséder une vision de mon avenir. J’ai ouvert ma poitrine et j’en ai extirpé un cœur qui pince, qui pique, qui s’en veut de ne jamais battre au bon rythme, au bon moment, pour la bonne personne. Maintenant que je suis disparue, je me demande où je vais pouvoir me cacher. Ou réapparaître. Malgré l’esquisse de ton visage que je dissimulais sous mes sourires naïfs, je me suis rendue compte que je ne te connaissais pas. Tout comme je ne comprenais pas ce qui était permanent dans la vie, je ne comprenais plus. Peut-être que tout ce que j’avais en ma possession était précieux. La vérité est que j’ai perdu ce que j’avais de plus précieux.

Assise sur le bord de mon lit, je fixais mon mur comme s’il était sur le point de répondre à toutes mes questions. Je l’examinais, j’attendais, j’écoutais. Plouk. Silence. Je sentais la fébrilité dans mes cicatrices. Rêver n’était même plus agréable puisque tu ne faisais plus partie de mon imagerie. Tu t’étais évaporé en l’espace d’une nuit, celle de jeudi à vendredi.

Plouk. Plouk. Même les larmes interdites qui coulaient sur mes joues froides ne parvenaient pas à réconforter les poum-poum de mon cœur extirpé, subtilement et silencieusement délaissé.

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