Archive for 18 novembre 2007
utopie
Plusieurs sensations, plusieurs rechutes infaillibles.
Deux personnes, deux solitudes, deux complaintes.
Une soirée, un refrain, une éternité.
I really want you to really want me
But I really don’t know if you can do that
I know you want to know what’s right
But I know it’s so hard for you to do that
And time’s running out as often it does
And often dictates that you can’t do that
But fate can’t break this feeling inside
That’s burning up through my veins
novembre 18, 2007
17
Dix-sept jours consécutifs. Fins de semaine comprises. 17 jours que je ne dors pas, que je n’arrive pas à m’évader dans les bras de Morphée; impossibilité de me reposer les yeux ou de caler ma tête entre mon oreiller et son épaule. 17 jours où j’ai compté de façon infinie les moutons, les vaches, les points, les coups (beaucoup trop), mes doigts, mes orteils (20 en tout), les ressorts de mon matelas (près de 350). Je girouette dans mon lit autant que mon esprit laboure les pensées inutiles.
Je n’arrive pas à dormir.
Pétrifiée.
Je me suis levée, je me suis habillée et je me suis plantée, emmitouflée dans mon manteau noir et mon foulard orange, bien droit dans mon jardin comme un épouvantail, même s’il n’y a rien à épouvanter. Sauf peut-être les étoiles et leur pâle reflet indiquant des années-lumière de solitude. Seule au beau milieu de la nuit, je me suis demandée ce que signifiait devenir adulte. Est-ce que c’est d’être capable de terminer un repas par du salé ? Est-ce que c’est d’avoir une maison, un chien, un mari, un chalet, un amant, des enfants ? Est-ce que c’est d’être tout simplement heureux ? Est-ce que c’est payer ses comptes à 20 % d’intérêt en retard ? Dans la noirceur d’une nuit de banlieue, je me suis demandée s’il devait y avoir forcément des hauts puisqu’il y avait des bas. Je ne sais pas.
Sous mes airs de faux mannequin empaillé, je me suis demandée pourquoi il y avait une seule question que je repoussais, que j’évitais, que je m’efforçais d’oublier sitôt qu’elle faisait surface parce que sa réponse m’effrayait (enfin, je faisais peur à quelque chose) : pourquoi dois-je m’accrocher à la vie quand j’en ai aucune envie ? J’avais compris qu’il y avait des promesses que je ne pouvais tenir, j’avais vu mon reflet et il me troublait. Je me sentais scrutée à mon insu et je n’y pouvais rien, je ne faisais rien. Impuissante devant tant de fatalité et de tristesse obsessionnelle, je ne voyais plus l’importance de crier à la deuxième chance puisque je n’avais plus de voix, je ne croyais plus en l’importance de donner une raison parce que je n’avais aucun choix. Peut-être qu’un jour j’aurai la force de parler, pas juste discuter. Le froid de la nuit m’avait enveloppée; je savais que mon nez était rouge et qu’il coulait. J’aurais aimé pouvoir me moucher. Les étoiles et leurs années-lumière ne m’avaient pas offert les réponses tant espérées. Peut-être la nuit prochaine, qui sait. J’observais la nuit céder tranquillement sa place à l’aube. J’étais si fatiguée.
Et de 18…
novembre 18, 2007