Archive for décembre 2007

amère rétrospective

Les années se suivent et ne se ressemblent décidément pas. Une chance. Avec l’achèvement d’une année, viennent nécessairement les résolutions. Évidemment, je n’y adhère aucunement par manque de volonté et de conviction. Je préfère de loin constater et exorciser que questionner et rester stupéfiée. Douze mois d’apprentissage, d’introspection, de démesure (irrationnelle), de constats, d’erreurs, de rechutes (parfois émotives, parfois physiques), de combats (éternels), de négativité momentanément oubliée en présence de petits clins d’œil, de grands bonheurs innocents, et ce, jusqu’à ce que reviennent les coups de poing marquants. 2007 m’a appris à baisser les yeux sur les aléas de la vie sans les ignorer, mais à les surmonter, les braver. À ma façon, il va sans dire. Je me suis (in)volontairement cognée le nez. J’ai pleuré ma naïveté, à maintes reprises. Je me suis enfargée dans l’enchantement. J’ai souri à mon euphorie. J’ai senti la lourdeur du temps faire place à une légèreté nouvelle, étrangère. J’ai connu la chaleur du désillusionnement, du rêve. J’ai cherché à tort la raison, l’explication cachée sous certaines actions incompréhensibles, irréalistes. J’ai tenté de me convaincre que mon cœur apprenait pendant que mon esprit analysait les maux, les joies, les désenchantements. Je me suis ouverte pour mieux me refermer. Savoir quand se laisser aller, avec qui. Surtout. J’ai évidemment aimé. L’a(rgh)mour. Sentiment déchirant où plus souvent qu’autrement on se retrouve à découvert, affaibli, impassible devant un destin quasi heureux. Où on ne realise pas tout ce qu’on possède avant de le perdre à nouveau. Confrontation. Où on n’ose pas s’investir par peur de se péter la gueule, une gueule déformée par un passé formateur… Sourires sincèrement difformes, mais authentiques.

Quand je pense aux douze derniers mois, je revis les émotions musicales. Ma paix intérieure, mon allégresse. C’est comprendre ce que signifie Music starts where words fail. 2007 a été un manque de mots; un trop-plein de mélodies liées à tout, à rien, à un vide, à un plein. À une douceur. À une peur. À un battement de cœur. À des souvenirs. Surtout.

2007, c’est tout ça. 365 jours d’émotions vécus à vive allure, de course effrénée. Le meilleur reste à venir. Supposément. Je reprends à peine mon souffle en vue d’une année nouvelle, en fredonnant :

My dear acquaintance, it’s so good to know you / For strenght of your hand / That is loving and giving / And a happy new year / With love overflowing / With joy in our hearts / For the blessed new year

… bonne année très chère amie, que celle qui marquera ton trentième printemps soit la meilleure d’entre toutes.

******

Add comment décembre 29, 2007

juste une minute

As-tu déjà réfléchi à ce qui protège nos cœurs ?
Une simple cage thoracique composée de côtes et autres parties variées.
Avec facilité, on en extrait les dégâts afin de stopper la confession d’un muscle trop souvent sollicité…

*******

Emêlés sur le plancher de la cuisine carrelé, nos corps se perdaient démesurément l’un contre l’autre, sans rien ni personne pour nous arrêter. Je savais qu’il y avait un petit coin de ton cœur que j’occupais. Juste un tout petit. Je n’en demandais pas plus. Une minute, tout au plus, où j’étais la raison de ton existence. Juste une toute petite. Grisante. Où tu te perdais, où la division entre l’imaginaire et le réel était à peine perceptible. Où tu retirais la lame tranchante de ta poitrine pour faire place au merveilleux, au sentiment inconditionnel. À moi. La douceur de ma peau me définissait si bien, c’est ce que tu disais. Différente, c’est ce que tu répétais. Mais je ne comprenais pas, une main, peu importe d’où elle vient, est une main. Décidément, l’incompréhension rendait l’interprétation des gestes impossible.

La vie bouge lentement quand on attent les bouillonnements. J’avais la tête qui tournait. Comme cette langue qui en demandait plus. Juste un tout petit peu. Je reconnais avoir voulu te maintenir fermement contre mon corps amaigri par le désillusionnement. Je maintiens avoir voulu t’embrasser, encore. Juste un tout petit peu. Je me souviens des innombrables larmes versées pour toi. Maintenant assèchées. Oubliées. Presque.

Avec le temps, j’ai appris que ton image, ton si beau visage, ne viendrait qu’interrompre mes rêves les plus fous. Au beau milieu de la nuit. Ou de la journée. N’importe quand. Je pensais continuellement à toi, malgré le détachement. Tu m’avais rejoint; je n’avais rien demandé. Et tu es reparti de la même façon, sans aucune explication. Le début avait été la fin. Aucun milieu. La fragilité de nos rêves était remplacée par la vulnérabilité. Je me sentais désormais comme une pure étrangère à tes yeux, et aux miens.

Juste un tout petit peu.

2 comments décembre 26, 2007

vertige

(Si je pouvais, je grimperais cette montagne en courant, je franchirais les kilomètres infranchissables, j’escaladerais ta solitude fortifiée et je crierais tout mon amour, toute ma haine, toute ma bêtise, en prenant bien soin de former un porte-voix avec mes mains pour que mes mots incompréhensibles se rendent aussi loin que possible. Jusqu’à tes oreilles. Pour que mes mots s’accaparent de tout ton corps, te giflent, te fassent comprendre tout ce que tu refuses de comprendre, trop perturbé par ton instabilité, ton émotivité camouflée.)

L’intimité d’un retour à la maison en voiture à 3 h du matin, accompagnée, où la fatigue, où la suffocation causée par une gêne soudaine rendent la parole impossible. Le silence, l’immobilité de la route, le réconfort et la rigueur des différents panneaux de circulation. L’indifférence. C’était un de ces moments où j’aurais voulu pleurer toutes les larmes de mon corps, sans raison apparente, simplement pour laisser couler cette espèce de satiété dégoûtante sur mes joues. La sentir se déverser de son plein gré, me vider. Pleurer ce que j’avais à dire, inconsciente que je te déchirais en morceaux, que je te dépouillais de cet instant. Ta passion grondait irrégulièrement tel le tic-tac d’une horloge, interrompu par le ronflement étouffé du tonnerre. L’exaspération se sentait chaque fois que tu expirais. J’inspirais mes désirs, je soufflais à pleins poumons sur ton désintéressement. J’insufflais toute ma sensibilité. Tu te refermais, comme tes yeux; tu te cloîtrais de moi. Chaque fois, j’en étais renversée. Ton abandonnement me tétanisait; j’aurais voulu tout donner, tout t’inspirer, tant le courage que la force.

(J’avais réussi à grimper cette montagne en courant, à franchir les kilomètres infranchissables, à escalader ta solitude fortifiée. Pour toi. J’avais crié tout mon amour, ma haine qui n’en était pas, ma bêtise. Pour toi. J’avais été présente jusqu’aux derniers instants. Pour toi. Mais sans même crier gare, tu m’as stigmatisée du regard pour mieux te détacher, pour mieux prendre tes distances. De moi.)

Je n’ai su trouver la force de rappliquer. À ma façon, je t’ai pris une dernière fois dans mes bras afin d’essayer de remplacer l’état sinistre dans lequel tu te trouvais par l’espoir, un espoir véritable qui, à lui seul, saura contrer tous tes malaises, tes coups de poing qui m’empêchent d’être là pour toi; qui saura remplir le néant qui te dévore depuis si longtemps. Sans le savoir, j’ai plongé pour une dernière fois également mes yeux rassurants dans les tiens.

Et maintenant, j’attends.

4 comments décembre 18, 2007

Previous Posts


 

décembre 2007
L Ma Me J V S D
« nov   jan »
 12
3456789
10111213141516
17181920212223
24252627282930
31  

Catégories

ma jalousie

Archives

Commentaires récents

N sur parce que
Nina_Tool sur things will never be the …
M. sur les DOs and DON’Ts
lost art sur une seconde
unefillecommeca sur une seconde