Archive for 11 décembre 2007
petite pluie
Tu avais laissé tes gants noirs sur la table.
Ton livre traînait sur le divan, tout près du CD d’Of Montreal que nous écoutions quand nous étions brouillons. Un torrent de passion. Je cherchais désespérément une raison pour que tu puisses rester. Je m’étais même promis de combattre le vent et de t’attendre. Je me sentais comme une chouette qui avait vraisemblablement les yeux fatigués, ou encore comme un épouvantail déguisé. C’était difficile à expliquer. C’était comment je me sentais. Souvent, pour essayer de me changer les idées, j’allais faire les cent pas dehors quand ce que je voulais en réalité était de rester près de toi et de regarder le temps s’évaporer par la fenêtre. Absorber. Observer. Penser à rien. Faire le vide, le plein. Silencieusement. Je m’étais endormie, prisonnière de la toile que tu venais de tisser. Tout autour de moi. Cette nuit seulement, j’avais éteint les lumières. Laisser l’éblouissement de côté pour faire place aux sensations aveugles. Mes mains ont retrouvé leur chemin, si souvent emprunté. Ton sourire m’a rappelé qu’il y avait une raison qui se cachait sous mes frissons.
Personne ne pouvait m’empêcher de ressentir. Je voulais m’imbiber de toi. Comme une petite goutte de pluie qui se laisse tranquillement glisser le long d’une joue, pour aboutir dans le creux d’un cou. Langoureusement, elle vient taquiner un mamelon, qui maladroit rougit béatement de plaisir. Je mets le blâme sur la chair de poule qui a attaqué mon corps tout entier. Frémissement incontrôlable. Inévitable. Tu es cette goutte. Même quand je me promène sous une averse soudaine. Une goutte parmi tant d’autres. Non. Simplement inoubliable. Ma goutte. Parfaite malgré tes imperfections.
Malgré les saisons.
Add comment décembre 11, 2007