vertige
décembre 18, 2007
(Si je pouvais, je grimperais cette montagne en courant, je franchirais les kilomètres infranchissables, j’escaladerais ta solitude fortifiée et je crierais tout mon amour, toute ma haine, toute ma bêtise, en prenant bien soin de former un porte-voix avec mes mains pour que mes mots incompréhensibles se rendent aussi loin que possible. Jusqu’à tes oreilles. Pour que mes mots s’accaparent de tout ton corps, te giflent, te fassent comprendre tout ce que tu refuses de comprendre, trop perturbé par ton instabilité, ton émotivité camouflée.)
L’intimité d’un retour à la maison en voiture à 3 h du matin, accompagnée, où la fatigue, où la suffocation causée par une gêne soudaine rendent la parole impossible. Le silence, l’immobilité de la route, le réconfort et la rigueur des différents panneaux de circulation. L’indifférence. C’était un de ces moments où j’aurais voulu pleurer toutes les larmes de mon corps, sans raison apparente, simplement pour laisser couler cette espèce de satiété dégoûtante sur mes joues. La sentir se déverser de son plein gré, me vider. Pleurer ce que j’avais à dire, inconsciente que je te déchirais en morceaux, que je te dépouillais de cet instant. Ta passion grondait irrégulièrement tel le tic-tac d’une horloge, interrompu par le ronflement étouffé du tonnerre. L’exaspération se sentait chaque fois que tu expirais. J’inspirais mes désirs, je soufflais à pleins poumons sur ton désintéressement. J’insufflais toute ma sensibilité. Tu te refermais, comme tes yeux; tu te cloîtrais de moi. Chaque fois, j’en étais renversée. Ton abandonnement me tétanisait; j’aurais voulu tout donner, tout t’inspirer, tant le courage que la force.
(J’avais réussi à grimper cette montagne en courant, à franchir les kilomètres infranchissables, à escalader ta solitude fortifiée. Pour toi. J’avais crié tout mon amour, ma haine qui n’en était pas, ma bêtise. Pour toi. J’avais été présente jusqu’aux derniers instants. Pour toi. Mais sans même crier gare, tu m’as stigmatisée du regard pour mieux te détacher, pour mieux prendre tes distances. De moi.)
Je n’ai su trouver la force de rappliquer. À ma façon, je t’ai pris une dernière fois dans mes bras afin d’essayer de remplacer l’état sinistre dans lequel tu te trouvais par l’espoir, un espoir véritable qui, à lui seul, saura contrer tous tes malaises, tes coups de poing qui m’empêchent d’être là pour toi; qui saura remplir le néant qui te dévore depuis si longtemps. Sans le savoir, j’ai plongé pour une dernière fois également mes yeux rassurants dans les tiens.
Et maintenant, j’attends.
Entry Filed under: éclipse de lune. .
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1.
Stella | décembre 25, 2007 at 7:31
Je t’en supplie, dis-moi que tu cherches désespérément à être publiée (ou que c’est même déja fait)…Je t’en prie!!!
Avec le talent que tu as, je ne te connais pas, mais je te défends de ne pas vouloir le faire partager au monde entier!
2.
roxylalune | décembre 26, 2007 at 2:41
wouah.
mais quel beau cadeau, ce compliment. je ne pouvais espérer mieux !
merci stella, vraiment.
être publiée, j’y compte bien. chaque chose en son temps.
le projet est en cours…
3.
Une fille comme ca | janvier 5, 2008 at 11:44
Je le pense aussi! Continue pour le plaisir de nos yeux!
4.
Z. | janvier 7, 2008 at 7:54
Avec tes derniers billets à l’appui, comme preuve irréfutable de ton talent, je joins ma voix aux autres