juste une minute
décembre 26, 2007
As-tu déjà réfléchi à ce qui protège nos cœurs ?
Une simple cage thoracique composée de côtes et autres parties variées.
Avec facilité, on en extrait les dégâts afin de stopper la confession d’un muscle trop souvent sollicité…
*******
Emêlés sur le plancher de la cuisine carrelé, nos corps se perdaient démesurément l’un contre l’autre, sans rien ni personne pour nous arrêter. Je savais qu’il y avait un petit coin de ton cœur que j’occupais. Juste un tout petit. Je n’en demandais pas plus. Une minute, tout au plus, où j’étais la raison de ton existence. Juste une toute petite. Grisante. Où tu te perdais, où la division entre l’imaginaire et le réel était à peine perceptible. Où tu retirais la lame tranchante de ta poitrine pour faire place au merveilleux, au sentiment inconditionnel. À moi. La douceur de ma peau me définissait si bien, c’est ce que tu disais. Différente, c’est ce que tu répétais. Mais je ne comprenais pas, une main, peu importe d’où elle vient, est une main. Décidément, l’incompréhension rendait l’interprétation des gestes impossible.
La vie bouge lentement quand on attent les bouillonnements. J’avais la tête qui tournait. Comme cette langue qui en demandait plus. Juste un tout petit peu. Je reconnais avoir voulu te maintenir fermement contre mon corps amaigri par le désillusionnement. Je maintiens avoir voulu t’embrasser, encore. Juste un tout petit peu. Je me souviens des innombrables larmes versées pour toi. Maintenant assèchées. Oubliées. Presque.
Avec le temps, j’ai appris que ton image, ton si beau visage, ne viendrait qu’interrompre mes rêves les plus fous. Au beau milieu de la nuit. Ou de la journée. N’importe quand. Je pensais continuellement à toi, malgré le détachement. Tu m’avais rejoint; je n’avais rien demandé. Et tu es reparti de la même façon, sans aucune explication. Le début avait été la fin. Aucun milieu. La fragilité de nos rêves était remplacée par la vulnérabilité. Je me sentais désormais comme une pure étrangère à tes yeux, et aux miens.
Juste un tout petit peu.
Entry Filed under: éclipse de lune. .
2 Comments Add your own
Leave a Comment
Some HTML allowed:
<a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <pre> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>
Trackback this post | Subscribe to the comments via RSS Feed
1.
Z. | janvier 7, 2008 at 7:55
Le petit paragraphe au début ouvre majestueusement ce petit moment. Très touchant, très vrai… je ne sais pas trop comment dire, mais il y a quelque chose d’intensément féminin dans ce texte, une sensibilité qui glisse doucement le long des lignes.
2.
lepapillonbleu | janvier 25, 2008 at 4:07
c’est d’une simplicité qui touche pronfondément.
j’ai beaucoup aimé