Archive for janvier 2008

métaphore

Je te laisserais écrire les titres et moi, je m’occuperais des chapitres.
Ensemble, on mettrait en place tous les éléments d’une belle histoire d’amour qui se transformerait en désastre. Tu rédigerais les morales et moi, les leçons. Ensemble, on imaginerait une histoire qui nous laisserait deviner, qui nous laisserait vivre les surprises, les bonnes comme les mauvaises, laissées momentanément en suspens…

*****
Je marchais nulle part, je traînais partout, j’étais à deux pas de tomber, fragile et incapable de me retrouver. J’étais lourde, épuisée, inapte à garder les pieds solidement fixés au sol. Je courais, je me cachais, impuissante devant ma propre absence, devant ta présence, j’étais perdue dans une foule. J’avais la tête qui tournait. Qui tourne. J’étais lunatique et étourdie, je gagnais, je perdais. J’avais peur.

(J’ai peur de ne jamais choisir le bon cœur, peur du ralentissement des battements.)

J’étais le glaçage de sucre rose sur le gâteau. L’ingrédient secret qui te manquait et que tu savais. J’étais la chance que tu avais choisie de ne pas prendre. La question que tu souhaitais inexistante. J’étais la confirmation de ton imagination. La situation qui te perturbait. La confusion. Assis dans une pièce remplie d’enthousiastes confus, tu m’expliquais la différence entre l’amour et la confiance. Il y avait toujours trop de discussions, aucune spontanéité. Tu avais ce petit je-ne-sais-quoi d’imparfait qui te rendait si intensément humain. Peut-être qu’un jour, à un moment donné, on finirait par se rejoindre, par s’attraper au vol, par oser. Parce que j’étais toujours la question et toi, toujours la raison. Les choses allaient peut-être changer. Comme les saisons. Mes feuilles tomberaient pendant que tu te réchaufferais. Entourée de couleurs chaudes et définies, je resterais immobile; tu me garderais étroitement contre toi. Et les saisons se partageraient notre temps.

Si je le pouvais, je me transformerais en fumée afin de pouvoir flotter tout autour de toi, afin de te mystifier. Partout où tu irais, je t’accompagnerais, j’imprégnerais tes vêtements, je m’accrocherais à tes cheveux, j’envelopperais tout ton être d’une fine couche protectrice. Le teint blanc tirant sur le transparent, je te regarderais me regarder, puis je me dissiperais, comme soufflée du revers de la main. Tu me chercherais, désabusé.

(La peur s’est estompée, contrairement aux battements qui se sont accélérés.)

****

La réalité fait de nous des voleurs de cœurs. Des amoureux. L’un au regard innocent, l’autre dans sa bulle, qui flotte, comme culbutée depuis ton arrivée. L’inconfort, le déstabilisant, les remises en question, l’histoire au dénouement boîteux, c’était nous. C’était rassurant. Ensemble, on formait ce qu’il y avait de plus imparfait. Ensemble, on écrirait la fin. Un jour, peut-être.

1 comment janvier 30, 2008

libération conditionnelle

Il m’avait parlé. Comme avant.
Il m’avait tout simplement dit : « Parle-moi, parle-moi, comme avant Ma Chérie. Je sais qu’il fait froid, je sais qu’il est tard. Viens avec moi. »

Depuis un bout déjà, on s’éloignait, on ne s’écoutait plus. Depuis un bout déjà, on suivait côte à côte le cours de l’eau, sans le détourner. Ou l’enjamber. Le mettre au défi plutôt. Chaque fois, comme par le passé, le souffle m’avait coupé à la simple vue de ton ombrage. Et en ce moment, j’essayais de reprendre tant bien que mal une respiration un peu plus normale, une respiration qui se révélait légèrement capricieuse depuis ton arrivée.

« Parle-moi, parle-moi. Ton cœur est mien, tes sentiments sont nôtres. Je sais que ça fait longtemps Ma Chérie, prends-moi dans tes bras. J’ai besoin de te sentir près de moi, avec moi. »

Nos souvenirs, notre sang, tout avait été partagé, tout avait été cimenté. Je croyais détenir l’amour véritable absolu, j’assumais la libéralité de notre bonheur. Je ne pensais pas avoir perdu l’émotion. Ou la raison. Mais en dedans, tout était coincé, comme engorgé. Un gros sanglot pris au piège. Collet tendu. Ce n’était que de l’amour, mais ne devait-il pas nous rendre plus forts ? Oui, ce n’était que de l’amour, mais un amour dégrisé. Absent. Pendant longtemps. Il y avait une partie de toi que j’essayais d’atteindre, une partie dont je ne connaissais pas encore l’existence. Le combat éternel. Lutter contre l’apprentissage de la parole quand prétendre est beaucoup plus facile. Le défi. Tu m’avais gavée d’amour et j’allais en crever dans un moment de vertige incontrôlable, infranchissable. J’étais prisonnière et toi, inévitablement, prisonnier. Pour des raisons différentes. Histoire d’amour en loop semblable à une chanson d’Imogen, mais sans la beauté, sans la frénésie, sans la mélodie, sans la poésie. Simple mélancolie. Toujours le même point de départ, toujours le même point d’arrivée. Toujours la même déception. L’illusion.

« C’est de l’amour Ma Chérie, avec ou sans faille », que tu agonisais. « Suffit de voir le monde dans lequel on grandit avec nos yeux d’amoureux. »

Aveuglement imprévu.
Tu m’avais parlé, je t’avais écouté. Comme avant. Mais j’avais vraiment trop froid. Et il était définitivement trop tard. Je venais d’enjamber notre passé, d’exorciser mon cœur trop longtemps condamné. Ou déchiré. J’étais enfin libérée.

Add comment janvier 27, 2008

un jour de janvier…

… pour la première fois de ma vie, j’avais senti mon cœur battre. À trente ans. Poum-poum. Poum-poum. Régulier, mais accéléré. Pour la première fois, je ressentais la faim qu’il m’était impossible de satisfaire. À première vue. J’avais besoin de signification, une signification que je pouvais mémoriser, vous savez, celle qui nous échappe toujours un peu, celle qui glisse à l’extérieur de notre tête de tuque pendant l’hiver. Celle qui nous fait peur et qu’on n’ose pas ignorer. J’avais ressenti mon cœur fondre en même temps que le premier dégel de janvier.

J’étais amoureuse.

Add comment janvier 21, 2008

Previous Posts


 

janvier 2008
L Ma Me J V S D
« déc   fév »
 123456
78910111213
14151617181920
21222324252627
28293031  

Catégories

ma jalousie

Archives

Commentaires récents

N sur parce que
Nina_Tool sur things will never be the …
M. sur les DOs and DON’Ts
lost art sur une seconde
unefillecommeca sur une seconde