Archive for 3 janvier 2008
murmures
Enfermée dans ma chambre depuis plusieurs jours, c’est à peine si j’ai aperçu la couleur du ciel. Je sentais que je ne méritais pas les rayons du soleil. La noirceur aidait jusqu’à ce que l’alcool s’évapore. Et c’est à ce moment-là que je réalisais que la conscience, elle, ne disparaissait jamais. Quand j’étais petite, j’imaginais ma vie d’adulte : je me voyais scrupuleuse et heureuse. La femme de quelqu’un. Je m’imposais des limites et je rêvais de ne pas avoir à les franchir. Et si je n’avais d’autre choix que de les enjamber, je me réveillais complètement perdue. Et déçue. Je devenais momentanément une ombre sans vie, allongée et transformée, qui barbouillait mon mur de chambre gris. Je ne me sentais plus protégée dans le confort de ma coquille, mais plutôt dépassée par une toute nouvelle réalité, emprisonnée par les mensonges que seule la clé de la vérité saura libérer.
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J’avais pourtant retiré le bouclier entre nous afin que tu puisses poser tes lèvres sur les miennes; j’avais cessé de me méfier pour me retrouver à nouveau enveloppée de tes bras rassurants. J’avais besoin que tu saches comment je me sens, j’avais besoin que tu comprennes que je me laissais tranquillement engouffrer dans une piscine de toi. Noyée mais comblée. Tes murmures apaisants avaient transporté mon cœur loin de l’obscurité, de cette obscurité affolante, insécurisante. Tu m’avais laissée sur un fond de quiétude, une paix profonde qui m’appartenait enfin. Je n’avais pas compris que cet instant allait rapidement devenir un enfer. Mon enfer. Ma tête était ouatée par le bruit. De toutes petites voix me chuchotaient de partir et tentaient de me convaincre que c’était la fin. Mais je n’ai pas écouté. J’ai préféré parier ma peur. Tout ou rien. J’avais versé des larmes de miel pour que tu restes. Pour ne pas que tu m’oublies, que tu te replies. Tes murmures apaisants me hantaient comme un cauchemar. Me cajolaient tout en douceur. Me libéraient de mes tourments, me transportaient jusqu’au sommet le plus haut. Je connaissais mon cœur, je savais qu’il ne changerait jamais.
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Enfermée dans ma chambre depuis plusieurs jours, j’avais pleuré du lait chaud pour me réconforter. J’étais partie à la recherche de sagesse, mais je n’ai su regarder aux bons endroits. Tes murmures apaisants continuaient de me protéger, de m’enrober. Je redécouvrais une solitude insipide, sans goût, loin de ce que j’avais appris à apprécier. De toi. Tes silences se sont solidifiés, concrétisés, comme ton absence. Les limites avaient été franchies. La Terre venait tout simplement d’arrêter de tourner.
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