métaphore
janvier 30, 2008
Je te laisserais écrire les titres et moi, je m’occuperais des chapitres.
Ensemble, on mettrait en place tous les éléments d’une belle histoire d’amour qui se transformerait en désastre. Tu rédigerais les morales et moi, les leçons. Ensemble, on imaginerait une histoire qui nous laisserait deviner, qui nous laisserait vivre les surprises, les bonnes comme les mauvaises, laissées momentanément en suspens…
*****
Je marchais nulle part, je traînais partout, j’étais à deux pas de tomber, fragile et incapable de me retrouver. J’étais lourde, épuisée, inapte à garder les pieds solidement fixés au sol. Je courais, je me cachais, impuissante devant ma propre absence, devant ta présence, j’étais perdue dans une foule. J’avais la tête qui tournait. Qui tourne. J’étais lunatique et étourdie, je gagnais, je perdais. J’avais peur.
(J’ai peur de ne jamais choisir le bon cœur, peur du ralentissement des battements.)
J’étais le glaçage de sucre rose sur le gâteau. L’ingrédient secret qui te manquait et que tu savais. J’étais la chance que tu avais choisie de ne pas prendre. La question que tu souhaitais inexistante. J’étais la confirmation de ton imagination. La situation qui te perturbait. La confusion. Assis dans une pièce remplie d’enthousiastes confus, tu m’expliquais la différence entre l’amour et la confiance. Il y avait toujours trop de discussions, aucune spontanéité. Tu avais ce petit je-ne-sais-quoi d’imparfait qui te rendait si intensément humain. Peut-être qu’un jour, à un moment donné, on finirait par se rejoindre, par s’attraper au vol, par oser. Parce que j’étais toujours la question et toi, toujours la raison. Les choses allaient peut-être changer. Comme les saisons. Mes feuilles tomberaient pendant que tu te réchaufferais. Entourée de couleurs chaudes et définies, je resterais immobile; tu me garderais étroitement contre toi. Et les saisons se partageraient notre temps.
Si je le pouvais, je me transformerais en fumée afin de pouvoir flotter tout autour de toi, afin de te mystifier. Partout où tu irais, je t’accompagnerais, j’imprégnerais tes vêtements, je m’accrocherais à tes cheveux, j’envelopperais tout ton être d’une fine couche protectrice. Le teint blanc tirant sur le transparent, je te regarderais me regarder, puis je me dissiperais, comme soufflée du revers de la main. Tu me chercherais, désabusé.
(La peur s’est estompée, contrairement aux battements qui se sont accélérés.)
****
La réalité fait de nous des voleurs de cœurs. Des amoureux. L’un au regard innocent, l’autre dans sa bulle, qui flotte, comme culbutée depuis ton arrivée. L’inconfort, le déstabilisant, les remises en question, l’histoire au dénouement boîteux, c’était nous. C’était rassurant. Ensemble, on formait ce qu’il y avait de plus imparfait. Ensemble, on écrirait la fin. Un jour, peut-être.
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1.
lhiverakhartoum | janvier 31, 2008 at 2:14
J’adore ta façon d’écrire! Enfin…sur un clavier
Sans blagues, j’adore.