consumé
février 7, 2008
J’ai toujours un fond de mélodie qui traîne paresseusement dans ma tête. Ça m’apaise, inconsciemment. Elle trottine, refrain après refrain, et je m’évade, rime après rime. Bien souvent, je me cache sous ce ramassis de notes. Et parfois, je réalise qu’il y a une vie cachée sous la chanson. Une vie secrète. Une vie que je n’ai pas nécessairement voulue ainsi, une vie que j’ai appris à détester, une vie que j’ai apprivoisée puis aimée.
*******
L’air était dense. Tellement qu’un papillon aventureux aurait très bien pu mourir étouffé. Suis-je trop cynique pour aimer une personne comme toi ? L’amour ne venait pas gratuitement dans ce monde rempli de haine; il y avait un prix à payer chaque fois que tu claquais la porte. Et pour une raison que j’ignore, je me suis endettée, bien malgré moi, pour toi. J’avais décidé de te pardonner sans même savoir que tu m’avais brûlée, tu avais changé. Cœur de loup. Cœur de pierre. J’entendais tes mots que j’avais inventés, tu disais mon nom comme si un Nous pouvait exister. Je sentais la confusion. Et les mensonges parmi les petites vérités. J’étais amoureuse. Mais j’étais la seule. C’est drôle comment ce sentiment est impossible sans coup de poing sur la gueule. Ou dans le ventre. Pliée en deux, l’œil au beurre noir, je t’avais senti dans mon cœur avant même de te connaître. J’essayais de respirer ce qui te faisait peur. Je t’avais proposé des kilomètres, mais tu n’avais pris que quelques centimètres. Tu t’es perdu avant d’accomplir tout ce que tu avais dit que tu ferais, comme changer le monde, prendre du temps pour moi. Et maintenant, tu dors alors que le monde tourbillonne. Révolutionne. Je ressens le mal pendant que la résistance s’installe. Longtemps je t’ai comparé à une jolie pièce inondée par les premiers rayons printaniers ou encore à une magnifique chanson qui transforme l’utopie en réalité. Les fleurs qui avaient l’habitude de fleurir de tes yeux me manquent. Et la cendre que tu as aujourd’hui dans ton regard vient trahir ton cœur consumé. Les litres de café ingurgités n’y pourront rien, tout comme les gallons de larmes versées. Les onces de whisky n’y changeront rien, ni même le vin. Tu as tant changé et tu n’y vois rien.
Sur un fond de mélodie, toujours, je rêvasse à ton image qui me revient sans cesse. Peut-être qu’un jour, qui sait, je me laisserai à nouveau tomber dans ta gravité.
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1.
unefillecommeca | février 13, 2008 at 1:42
Je me délecte de tes écrits. Je suis jalouse. Bravo.