Archive for 18 février 2008

nudité écrite

L’apparence d’un monde plus étroit dans la clarté d’une lune qui s’élève bien haut dans la nuit noire rend parfois notre perception insensible à la volupté d’un petit matin nouveau, d’une aventure nouvelle.

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La pluie avait métamorphosé le sable en boue. Une boue de verre. Le vent ployait les branches d’un arbre mis à nu. L’automne. Évolution des saisons et des illusions. Tu m’avais transformée en quelqu’un d’aimé. Je n’étais pas habituée. C’était toutes ces fois où la chaleur des nuits s’était dissoute pour nous laisser danser. Le froid condensé changeait notre souffle en petits nuages blancs compacts. Le rêve. C’était comme cette première fois où je m’étais cachée, enfuie. Vers nulle part. Une heure de solitude pour écouter les voix qui s’élevaient d’un mouvement cadencé, telle une rivière coulant silencieusement sous terre. Torrent impétueux d’émotions. La lumière qui venait jusqu’à ma cachette était aussi douce que les rayons de midi, aussi tamisée que les éclats d’un cœur éclaboussé. Tu étais venu me libérer de mon supplice solitaire en me disant que si j’étais incapable de me souvenir des jours meilleurs, je n’avais qu’à prendre les tiens. Malgré les visages étrangement étrangers, étrangement familiers. Je m’étais sentie séparée, comme les cinq doigts d’une main. Séparée, mais rapprochée. J’avais regardé le soleil se coucher et je me demandais pourquoi. Et comment. Entourée de toute cette rapidité que les gens transpirent par les pores d’une fine peau douceâtre, je m’étais transformée en quelqu’un d’aimé. Tranquillement. Ma mémoire rouillée et érodée avait dressé la liste que tu m’avais donnée : une couverture, quelques allumettes et cette douleur abrutissante dans ma poitrine. Maintenant dis-moi, te souviens-tu des plus jamais ? Des tout ou rien ? Et des je m’en vais ? Je m’étais demandée ce que tu avais bien pu faire pendant mes faux moments de lucidité. Je m’étais demandée comment me distinguer des lunes alors que je n’arrivais pas à me détacher des étoiles. Pendant toutes ces années, la musique et l’espoir d’un amour sans fin m’avaient gardée vivante et vivifiée. Soutenue par la gravité, tant de la situation que d’une attraction, édulcorée par l’incertain d’une vie multicolore, j’avais senti tes bras se resserrer sur mon menu et fragile corps. Je me sentais unie parce que tu m’avais transformée en quelqu’un d’aimé. Décidément, il y a de ces moments et il y a des lunes où l’imparfait d’une situation parfaite me rendait aveugle, où l’absurdité d’un rêve imaginé devient réalité, où l’amour est tout simplement beauté.

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