Archive for février 2008
le temps, cette utopie
Il y a de ces chansons qui viennent bousculer notre existence en moins de cinq minutes. Il y a de ces chansons qui culbutent en boucle nos pensées. Un peu comme une personne inconnue qui entre aléatoirement dans notre vie et qui en sort presque aussitôt. En moins de cinq minutes.
There are no guarantees in life
Not for the present
Nor for the future
All I know is
That I’m here
Don’t know for how long
I love the way
You live so intensely
Enjoy every minute of life
With space to swing
Your arms around
Laughing loudly
Unlike me
Do you think I’m strange?
Unlike you
Unlike you
I am not pretending
There’s no time
There’s no time
Time doesn’t really exist
The past, the present
And the future
Are all side by side
Hand in hand
You move and change
Yet you go nowhere
Everything stays the same
You stare at me
And ask me questions
Makes me nervous
This room it keeps a constant tone
While I’m on a roller coaster
Unlike me
Do you think I’m strange
Unlike you
Unlike you
I am not pretending
There’s no time
There’s no time
Time doesn’t really exist
(Kate Havnevik – Unlike Me)
Add comment février 9, 2008
consumé
J’ai toujours un fond de mélodie qui traîne paresseusement dans ma tête. Ça m’apaise, inconsciemment. Elle trottine, refrain après refrain, et je m’évade, rime après rime. Bien souvent, je me cache sous ce ramassis de notes. Et parfois, je réalise qu’il y a une vie cachée sous la chanson. Une vie secrète. Une vie que je n’ai pas nécessairement voulue ainsi, une vie que j’ai appris à détester, une vie que j’ai apprivoisée puis aimée.
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L’air était dense. Tellement qu’un papillon aventureux aurait très bien pu mourir étouffé. Suis-je trop cynique pour aimer une personne comme toi ? L’amour ne venait pas gratuitement dans ce monde rempli de haine; il y avait un prix à payer chaque fois que tu claquais la porte. Et pour une raison que j’ignore, je me suis endettée, bien malgré moi, pour toi. J’avais décidé de te pardonner sans même savoir que tu m’avais brûlée, tu avais changé. Cœur de loup. Cœur de pierre. J’entendais tes mots que j’avais inventés, tu disais mon nom comme si un Nous pouvait exister. Je sentais la confusion. Et les mensonges parmi les petites vérités. J’étais amoureuse. Mais j’étais la seule. C’est drôle comment ce sentiment est impossible sans coup de poing sur la gueule. Ou dans le ventre. Pliée en deux, l’œil au beurre noir, je t’avais senti dans mon cœur avant même de te connaître. J’essayais de respirer ce qui te faisait peur. Je t’avais proposé des kilomètres, mais tu n’avais pris que quelques centimètres. Tu t’es perdu avant d’accomplir tout ce que tu avais dit que tu ferais, comme changer le monde, prendre du temps pour moi. Et maintenant, tu dors alors que le monde tourbillonne. Révolutionne. Je ressens le mal pendant que la résistance s’installe. Longtemps je t’ai comparé à une jolie pièce inondée par les premiers rayons printaniers ou encore à une magnifique chanson qui transforme l’utopie en réalité. Les fleurs qui avaient l’habitude de fleurir de tes yeux me manquent. Et la cendre que tu as aujourd’hui dans ton regard vient trahir ton cœur consumé. Les litres de café ingurgités n’y pourront rien, tout comme les gallons de larmes versées. Les onces de whisky n’y changeront rien, ni même le vin. Tu as tant changé et tu n’y vois rien.
Sur un fond de mélodie, toujours, je rêvasse à ton image qui me revient sans cesse. Peut-être qu’un jour, qui sait, je me laisserai à nouveau tomber dans ta gravité.
1 comment février 7, 2008
les happy endings existent-ils vraiment ?
La solitude, ce n’est pas de se sentir seul.
C’est plutôt d’aimer une personne qui est incapable de rendre cet amour en retour…
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Il s’était réveillé un matin en trébuchant sur sa vie. Sa vie. Il ne l’aimait pas. Il ne l’aimait plus. Aucune gloire, aucun amour, aucun espoir. Daltonien, c’est ce qu’il était. Café noir et blanc d’œuf. Journées claires et soirées obscures. Il voyait tout en noir et blanc, en foncé ou en pâle, parfois en gris. Sauf elle, qui était éblouissante. Mais elle l’avait laissé ainsi, avec sa peau blanche et ses idées noires. Elle lui avait répété son nom, celui de l’autre. Il sonnait étrangement familier à ses oreilles, comme s’il l’avait déjà entendu des milliers de fois. Comme si elle le lui avait crié de façon infinie. Si seulement il avait porté attention. Il l’avait regardée, une larme avait glissé le long de sa joue. Il l’aimait encore. Mais il n’avait pas la force de revêtir son armure et de livrer l’ultime combat. Livrer un peu de lui-même contre son gré. Il l’avait enveloppée dans une couverture qui devenait parfois trop chaude pour elle. Sitôt qu’elle commençait à ressentir un certain confort, elle se retirait. Et il avait froid. À nouveau. Son amour, son émotion, tout lui paraissait à présent sans couleur réelle. Insipide.
La gorge serrée et la langue nouée, il ne pouvait faire autrement que de lui souhaiter d’être heureuse. Lui souhaiter un petit peu de bonheur. Un peu de chaleur. Et de la couleur. Mais un petit peu de douleur aussi…
2 comments février 3, 2008