coincée

mars 3, 2008

Il ne voulait pas rester. Il ne voulait pas partir. Il ne voulait plus se chicaner. Les jours se transformaient en nuits. Un vice versa perpétuel. Rien ne semblait vouloir changer. Tout stagnait, tout était impossibilité, toujours cette même putain d’impossibilité qu’elle incarnait, qui rendait l’histoire étrange. Tellement étrange. Il ne trouvait aucune issue, aucune solution. Une vague avait croisé son chemin, le ressac avait été catastrophique. Il s’était écrasé sur les roches, sur la toute petite roche pointue et cinglante qu’elle était. Il devait sauter, fermer les yeux et sauter à pieds joints. Il n’avait d’autres choix. Un cri perçant remplaçait sa voix. Une voix muette, un hurlement en deux temps. Elle le fixait, le trouvait beau. Sitôt qu’elle s’imaginait une autre personne plus séduisante que lui (elle croyait bien les mensonges qui défilaient en boucle dans sa tête), les regards se faisaient déviants, la distraction inévitable et la tristesse inépuisable. Il se sentait abandonné. Abattu et seul malgré tout l’amour qu’il ressentait, qu’il expiait, qu’il offrait tout emballé, scintillant, généreusement. Il s’affolait chaque fois qu’il sentait l’omniprésence d’une distance qui s’installait. Entre elle et lui. En elle. Elle.

Et en plein milieu d’une nuit de novembre, elle s’était réveillée les bras vides, les bras froids. Il avait fui. À son tour, elle eut peur, peur de dormir et d’être hantée par son image, de lui. Peur de reconnaître ses torts, son manquement, ses sentiments qu’elle avait tenu cachés, peur d’avoir peur. D’elle. Et maintenant, ses rêves n’étaient plus ce qu’ils étaient. Elle n’était plus ce qu’elle avait souhaité, ce qu’elle rêvait d’être. L’amour de sa vie s’était enfui. La chaleur dans son corps avait disparu. Elle se transformait en étrangère détachée de sa propre réalité, de sa propre personnalité.

Et en pleine nuit de novembre, elle venait de comprendre que l’amour qu’elle ressentait et qu’elle avait tenté par tous les moyens d’ignorer la hanterait à jamais. Et elle serait perdue à jamais.

Entry Filed under: éclipse de lune. .

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  • 1. unefillecommeca  |  mars 7, 2008 at 12:14

    Quand sors-tu ton livre que je puisse le savourer chaque soir et pouvoir le mettre sur ma table de chevet? Tu écris trop bien pour demeurer sur un blogue. Sincèrement.

    Répondre

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