Archive for 13 mars 2008

pour la postérité

Crier et beugler et frapper.
Oublier les raisons de nos chinoiseries. Poursuivre nos routes puisque les tempêtes n’étaient que passagères. Essayer, du moins. Parfois on glisse, parfois on tombe et parfois on ne se relève tout simplement pas. Rester sonné de toutes ces amitiés ruinées par un baiser.

À la lumière de mes histoires obscures, le feu m’enflammait et l’opacité chantait. Ma silhouette ombragée s’affaiblissait près de la tienne, trop grande, trop forte, trop parfaite ; le fantôme de ta voix résonnait encore dans mon crâne vidé, dans cette ville qui m’était si étrangère, dans ce ciel étoilé rendu trop familier. Écho clandestin et volatil. J’aimerais revenir sur mes empreintes passées pour ne pas entendre le déchirement d’un cœur traumatisé, pour avoir la certitude que tes yeux ne sont ni bleus ni gris, que l’amour ne se trouve pas dans l’appartenance ou dans les objets qui nous entourent, malgré les significations particulières dans les souvenirs qu’ils évoquent. Et j’aimerais revenir sur mes empreintes passées pour prendre le temps de marcher, les yeux clos, main dans la main, les doigts noués, et suivre les traces d’une allégresse secrète, ma détresse silencieuse. Me laisser guider par les chauds rayons, sans me réchauffer. Être complètement secouée de frissons jusqu’à la racine des émotions, les négliger pour les étouffer. Presque. Retenir mon souffle pendant l’engourdissement afin de m’endormir, même quand ça ne me tente pas, même quand je suis incapable de rester éveillée. Même quand je crois mettre fin à mes rêves par le réveil.

J’avais senti mes cordes vocales se désaccorder, la concavité de mes pensées, l’aveuglement volontaire d’avoir voulu regarder directement dans ton cœur. Sans le savoir, tu as été mon deus ex machina, un dénouement inopiné, une tristesse inventée. D’avoir voulu surmonter l’effondrement par la rupture, dominer les amitiés ruinées par un baiser et virevolter vers de nouveaux fondements, les histoires obscures se sont évanouies. Éclipsées.

Comme toi.

1 comment mars 13, 2008


 

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