Archive for juin 2008
il y a longtemps que je t’aime, jamais je ne t’oublierai
Mes surprises étaient masquées. Mes vérités paradaient déguisées. Il ne saura jamais ce que je dévoile à ces étrangers aux visages incongrus. J’étais convaincue que je n’aurai jamais à divulguer qui je suis réellement.
Et l’étonnement quand je me suis dévêtue, devant ses yeux au regard perdu, mais aimant. Amant ? (Je ne sais pas, je ne sais plus.) Et cette main que j’ai prise dans la mienne, que j’ai sentie se raffermir, s’enlacer tout autour de mes doigts déjà violacés et inertes (un peu comme mon cœur).
« As-tu déjà ressenti de l’affection sans amour ? »
Je lui avais répondu de ma voix impuissante et tout fébrile à l’idée de prononcer ces noms dont il voulait taire l’existence ; il avait tendu une oreille triste et muette.
La vérité l’avait déchiré en deux, telle une coupure nette et ouverte. Il ne restait plus qu’à la nettoyer et à l’aseptiser, qui sait peut-être réussirais-je à l’engourdir assez ?
Le silence qui suivit laissa un trou béant et flottant dans mon esprit. Et entre nous deux. Je retenais les pensées qui me terrassaient indiscrètement.
Tout ce que j’avais réussi à répondre étaient ces mots qu’on ne veut pas nécessairement entendre dans une telle situation :
« Je t’ai aimé avant et je t’aime encore aujourd’hui : tu es l’ennemi juré, tu es l’amour de ma vie, tu es mon frère, tu es mon meilleur ami. Je me suis dénudée parce que je te voulais à jamais dans mon cœur. Tu es l’incarnation de la perfection, je t’aime, ne l’oublie pas. »
J’avais regretté la fuite qui suivit ces mots abrutissants.
Et je le regrette toujours depuis…
Avec le recul, je me suis souvenue de sa réponse, qui avait été déchirante :
« Les gens disent que l’amour va et vient, mais comment peuvent-ils comprendre ce qu’ils ne connaissent pas ? »
++++++++
Visiblement, je n’avais toujours rien compris.
Add comment juin 23, 2008
enfance
Petite, elle était une enfant solitaire qui évoluait souvent dans son petit monde imaginaire où elle rêvait d’avoir une petite maison de campagne blanche aux corniches vertes, située au beau milieu d’un grand pré. Elle adorait jouer à faire semblant : faire semblant qu’elle était médecin et qu’elle sauvait la moitié de la population, comme si elle était la Wonder Woman du domaine médical, et ce, malgré une aversion profonde du sang et des maladies en général, faire semblant qu’elle était astronaute, faire semblant qu’elle était championne olympique, bref faire semblant d’à peu près n’importe quoi. Elle jouait à cache-cache entre les arbres, elle prenait le thé avec ses poupées de chiffon qu’elle nourrissait de feuilles d’arbustes bien croquantes. Elle riait de bon cœur, elle profitait pleinement de sa vie d’enfant à l’imagination trop débordante, elle vivait de ses mirages enfantins.
Et elle rêvait, continuellement.
Elle se voyait flotter au-dessus des gros nuages duveteux aux formes particulières, qu’elle croyait épouvantablement confortables, alors qu’elle prenait son élan sur la balançoire des grands.
Elle adorait les longues promenades dans les bois glauques situés au fin fond de la cour ou au fin fond du monde, tout dépendait de sa version cette journée-là. Tout en sautillant sur le chemin de terre où jonchait parfois un tronc d’arbre centenaire qui n’en pouvait plus de s’étirer infiniment vers le ciel ou d’offrir ses branches aux oiseaux abuseurs, elle demandait à Dieu, interprété par son vieux nounours rose fané, ce qu’elle était supposée être. Elle se sentait comme une vision troublée, comme une rien sans attache. Les étoiles souriantes la consolaient et Dieu le Nounours répondait par une rêverie silencieuse ; elle récitait une prière et s’endormait, bien calée contre une grosse roche couverte de mousse à l’odeur d’eau de pluie d’été malgré l’automne déjà avancé.
Oui, elle rêvait constamment.
Elle projetait sa future vie de grande, tout en étant consciente que les surprises d’aujourd’hui bouleversent les perspectives de demain. Bref, elle grandissait. Et vieillissait.
La respiration des ombres était toujours aussi rassurante, jamais elles ne l’abandonneraient, même quand elle se sentait nostalgique et qu’elle pensait à ses poupées de chiffon qui s’empiffraient de feuilles d’arbustes bien croquantes. C’était de bons souvenirs d’une enfance bien remplie. Grise, c’est ce qu’elle était devenue. Ne voyant plus ce qu’il restait à dire de cette vie, qui avait été complète et vécue pleinement, elle se sentait prête à se laisser voler, comme cette fois où elle s’était imaginée planer au-dessus des nuages duveteux.
Alice, c’était son nom, avait eu un rêve.
Étendue de tout son long dans les prés où s’élevait une maison blanche aux corniches vertes, elle pouvait désormais dire qu’il avait été la réalisation de toute une vie qu’elle glorifiait. Elle était dans son petit chez-soi tant de fois imaginé et maintenant si réel, protégée par son fidèle imaginaire rendu vieillot.
Add comment juin 20, 2008
believe me
Crois-moi quand je dis que je ne veux pas répéter les erreurs passées.
Crois-moi quand je hurle que j’avais oublié comment t’aimer.
Crois-moi quand je pense être ouverte au présent, mais enveloppée par le passé.
Crois-moi quand j’écris ma solitude.
Crois-moi quand je crie qu’à nous deux, nous serons l’éternité.
Crois-moi quand je chuchote que j’en ai rêvé.
Reviens-moi.
4 comments juin 16, 2008