Archive for juillet 2008

[explications]

… ouverture de la parenthèse

Je n’ai pas envie de donner vie à des personnages qui s’habilleront de mes mots. J’ai envie d’être moi, un moi à cœur ouvert, un moi mis à nu comme j’aime si bien faire. Je me suis longtemps empêchée de courir à contresens. Il a suffi d’une toute petite dose de courage pour me retourner et affronter ce sens unique effrayant. Un seul moment de lucidité a été nécessaire. J’ai galopé comme une toute petite antilope effrayée jusqu’à ce que mon visage devienne engourdi. Je ne savais plus si c’était à cause du froid ou de toute l’émotion que je me permettais pleinement de ressentir. Galoper donc jusqu’à ce que mes pieds refusent catégoriquement d’avancer et jusqu’à ce qu’ils boudent le poids d’un cœur alourdi d’une jeune femme de trente ans. Arrivée à la rivière, je n’ai pu faire autrement que de m’écrouler et de commencer à frissonner au rythme de la voix qui remplissait merveilleusement mes pensées. Derrière moi, une vision, l’hallucination d’un monde noir qu’aucune personne ne devait connaître. Le secret. Chut.

J’ai plongé dans l’eau glacée, espérant que le froid tuerait la douleur que l’alcool avait laissé en suspens. Était-ce réellement douleur ou stupeur ? J’en sais rien. Je sais plus. Je souhaitais que l’engourdissement creuse plus profondément son sillon et qu’il s’installe enfin à tout jamais. J’aimais cet état d’incompréhension, de questionnements, d’inconfort. D’une façon magnifique, je me suis laisser couler dans la rivière où les troubles sans corps vivaient, où la peur fusait de toutes parts.

Je venais de toucher le bas fond, c’était chaud, c’était bon. La rivière me gardait vivante, éveillée ; elle me soufflait, me fouettait de son jet glacial et saisissant. Je ne pouvais honnêtement demander mieux.

Être amoureuse, c’est l’effet que ça me donne : une douce gifle qui laisse transie. C’est à n’y rien comprendre. J’adore… jusqu’à ce que je reprenne mes esprits et que je redevienne la jeune femme tourmentée de trente ans que je suis.

fermeture de la parenthèse…

1 comment juillet 28, 2008

récurrence en deux temps

:: Debout, elle marche en rond au point de s’étourdir. S’effondrée, un peu. Elle pourrait rester et attendre. Elle a laissé une lumière allumée. S’il décide de venir, tant mieux. Sinon. Elle ne savait plus. Quand elle sentait sa poitrine se contracter, quand elle ne pouvait réfléchir à autre chose qu’elle-même, elle perdait le fil de ses idées, elle oubliait, elle souffrait. La pression de vivre, de se laisser aller, de se sentir imparfaite, de se dévoiler, de voir son monde s’enfoncer subtilement mais pas profondément. Elle ne demandait qu’à s’arrêter et à changer de direction… ::

++++

Le même rêve récurrent. Nuit après nuit. Le même visage, le même coin de rue, le même immeuble construit bien avant ma naissance. J’avance, tête baissée, sur un chemin qui m’est si familier, avec les mêmes fissures dans le béton du trottoir, les mêmes arbres secoués par la minuscule brise; seule la lumière diffère de jour en jour au gré des émotions. Je m’arrête toujours au même endroit, devant ce mur qui s’étend dans l’immensité d’un ciel apaisant, vierge de toute impureté. Arrêt. Mes yeux sont témoins d’images qui défilent tout autour à vive allure, comme si les gens, les animaux, les bruits qui m’entourent n’ont pas une seconde à perdre, comme si chaque heure passée était perdue à tout jamais. Inspiration. J’ai juste le temps de tourner la tête vers la gauche pour croiser son regard, la minute où il tourne le coin. J’ai juste le temps de sentir la chaleur qui se dégage de son corps. J’ai juste le temps de me cramponner et de réaliser qu’il a pris mon visage entre ses mains, qu’il enfonce ses yeux si beaux, si pers, dans les miens et qu’il écrase ses lèvres contre les miennes. Le baiser, cet éternel bonheur. Expiration. C’est généralement à ce moment que je sens le soleil nous réchauffer et que je constate l’immobilité soudainement contrastante qui nous entoure. La brise a disparu, les arbres semblent médusés, les animaux nous regardent, les gens sont inexistants. Le goût laissé à la dérobée sur mes lèvres est indescriptible, j’ai envie de recommencer, et de recommencer encore, et adossée contre mon mur, j’ai envie de sentir cette chaleur encore, et encore.

La vie n’est-elle pas merveilleuse ?

juillet 24, 2008

kindly remind me

Rappelle-moi qu’il y aura toujours quelqu’un, nulle part, partout, qui me fera penser à un moment, à un endroit où je me suis momentanément perdue.
Rappelle-moi pourquoi j’arrive difficilement à retracer mes pas.
Rappelle-moi d’aller cogner à ta fenêtre même si tu habites ailleurs.
Rappelle-moi que le silence parle de lui-même.
Rappelle-moi de ne pas avoir peur d’entendre, de dire et d’y croire, surtout.
Rappelle-moi que rêver les yeux ouverts transforme parfois l’illusion.
Rappelle-moi de crier assez fort pour que tu m’entendes.
Rappelle-moi que je suis parfois comme une silhouette.
Rappelle-moi qu’il y a encore beaucoup de choses que je ne connais pas.
Rappelle-moi qu’être amoureuse ressemble étrangement à un état d’urgence. Ou d’allégresse.

Rappelle-moi encore pourquoi je t’aime toujours autant.

1 comment juillet 22, 2008

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