Archive for 2 juillet 2008
monologue
C’est le dernier jour de février, le soleil brille de tout son éclat, c’est frais mais rassurant. Dans la cour, les jacinthes fleurissent tranquillement et les oiseaux pépient gaiement les premiers rayons chaleureux d’un printemps en devenir. «Aujourd’hui, j’aimerais marcher jusqu’à l’estuaire du Saint-Laurent et m’asseoir sur la rive rocailleuse, les pieds à l’eau. C’est ce que j’avais l’habitude de faire lorsque j’étais enfant et coquine; je me recueillais sur cette même berge et j’imaginais ma vie future remplie d’anecdotes, d’aventures et de péripéties. Par contre, si je pouvais vivre ma vie à nouveau, je ferais tout différemment. Je ne traînerais pas mes vieux fantômes comme de vulgaires boulets inutiles, intimes. Je me demande toutefois si les deuxièmes chances existent vraiment. Je ne crois pas. Après tout, on croit bien ce qu’on voit concrètement. Et on voit ce qu’il y a ici, maintenant. C’est notre côté rationnel qui prend le dessus. La mort ne m’effraie pas. Je me dis que je serai transformée en grains de sable qui feront partie intégrante d’un désert quelconque. Secrètement, le désert de Thar me plairait bien… La seule chose qui m’horripile en fait est le processus qui accompagne la mort, le dépérissement, le flétrissement. Je ne sais simplement pas ce qui va se passer ou comment ça va arriver. Cette course constante à la survie m’inquiète un peu. Je suis essoufflée.»
juillet 2, 2008