si j’avais su

juillet 14, 2008

(Il y a plus à l’amour que le vague sentiment d’être amoureux. Il y a plus à la vie que le simple fait de respirer. Il y a plus à l’immobilité que l’insensibilité. Il y a plus à la malhonnêteté qu’une véritable ignorance. Il y a plus à l’absence que la capacité de pardonner.)

Voilà à quoi je m’attendais.
J’ai perdu le nord, mon chemin, qui m’a pris si longtemps à retrouver. Pourtant, je savais mieux que de me laisser tenter par les bras de quelqu’un d’autre afin d’oublier, d’ignorer. Le crépuscule s’installait; une autre journée de perdue qui se terminait. Dans un wagon de métro silencieux et morne, je sentais que les gens endormis questionnaient mon jugement. Percutée, culbutée, je n’en pouvais plus. Le trajet avait été si court et mes pensées si longues.

Gênée par la gêne, je me suis effondrée.
L’amour m’a chuchoté : «Attends»

Je suis ainsi sortie dans la nuit, seule, et j’ai marché. La noirceur gagnait lentement ma chair et mes os, elle me tenaillait telle une morsure infectée par la solitude et les années. Les mots venaient tranquillement à moi, alors que les remords prenaient naissance à la racine du temps. Ils me répétaient le même refrain, ils me dessinaient le même destin : «Cet égarement, cet éloignement, mais pourquoi? On finit toujours par assumer la vérité, la réalité; on finit toujours par voir la lumière par un bel après-midi brisé, méprisé.»

Il me fallait souffrir mes souffrances alors que j’essayais de les enterrer.
L’immobilité m’a tout pris et la malhonnêteté m’a tourné le dos : «Essaie d’oublier»

Je t’ai devant moi, je t’ai dans mes pensées, et j’aimerais que tu lises les mots que j’écris secrètement depuis. Mais tout revenait : ces images. Tout me hantait : ces images. Mettre le blâme sur un cœur blasé? Sur un cœur qui a trop aimé? Je sais pas, je ne sais plus.

L’esprit déconfit, je fixais le rouge violacé des yeux qui me transperçaient; voilà que mon propre reflet me jugeait. Le mal était fait. Je pensais maintenant à tes bras et à quel point ils me manquaient.

Entry Filed under: éclipse de lune. .

2 Comments Add your own

  • 1. unefillecommeca  |  juillet 16, 2008 at 1:44

    Je te comprends…même si l’amour est incompréhensible.

    Répondre
  • 2. lepapillonbleu  |  juillet 19, 2008 at 12:22

    J’aime beaucoup la façon dont tu introduis ton texte

    Répondre

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