culpabilité
octobre 1, 2008
Je me demande à quel point c’est de ta faute.
Si je suis incapable de m’aimer, ou d’aimer en général?
S’il m’est impossible de penser qu’à 30 ans, j’ai réussi mes objectifs professionnels?
Si toutes mes relations, amicales ou amoureuses, finissent par tomber dans un vide routinier et blafard?
Si je doute de tout?
Si je me sens coupable parce que j’ai l’impression de t’abandonner?
Si j’ai le sentiment d’avoir misérablement échoué dans ma mission de vie?
Si tout ce que j’ai accompli jusqu’à présent m’apparaît nul, voire inintéressant, alors qu’il y a beaucoup de travail et d’intégrité?
Et si je suis comme je suis, en fait?
Pourtant, jamais je n’ai reçu d’accolades, d’encouragements ou de félicitations, jamais je n’ai vu la fierté briller dans tes yeux. Jamais je n’ai vu en toi un être réconfortant et agréable à côtoyer. Pourquoi aurais-je envie de me confier alors que l’écoute ne fait pas partie de tes aptitudes, tes qualités, que je peine d’ailleurs toujours à trouver. C’est à se demander si tu en possèdes au moins une tellement elles sont enfouies, cachées par les monstruosités qui sortent parfois de ta bouche, de tes pores. Toujours cette espèce de compétition, alors que j’essaie de te prouver que je suis fondamentalement une bonne personne, saine d’esprit et de corps, pourvue de mille et une qualités.
Est-ce de ta faute si je suis incapable de mettre le doigt sur la raison qui me pousse parfois à agir comme une idiote auprès des gens que j’aime parce que je ne sais plus où donner de la tête, alors qu’en réalité, tout ce que je souhaite au fin fond de ma petite personne meurtrie, serait que tu m’acceptes pour ce que je suis réellement, que tu m’aimes pour ce que j’incarne à tes yeux, que tu sois enfin authentique.
Après tout, je suis ta fille.
Et parce que moi, assurément, je t’aime maman.
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