antinomie existentielle
octobre 8, 2008
Quelle belle journée pour se sentir vivre et réaliser que je ne suis pas encore morte.
Quelle belle façon de se dire adieu et quelle belle vie qui s’offre maintenant à moi.
Quelle belle idée que d’essayer de survivre jusqu’au prochain bonne nuit souhaité avec envie.
Quelle belle matinée pour s’en foutre éperdument et quel beau coup de pied bien placé pour recommencer. Quelle belle tragédie que de pouvoir commencer à respirer léger.
Quelle belle attente, signe incontestable de patience, que la tombée du crépuscule.
Et comme elles sont belles les larmes transparentes, chaudes, parfaites, qui glissent tout doucement le long de mes joues blanchies par le manque de sommeil, les idées préconçues et l’accumulation de déceptions.
Et dire que demain il faudra répéter les mêmes gestes mécaniques, les mêmes idées maladroites, les mêmes paroles impertinentes, les mêmes mots avachis. Quelle est belle cette vie qui nourrit mes peurs les plus affreuses, ces évidences qui me suivront en fin de compte partout.
Qu’il est beau ce mal qui gruge tranquillement la totalité de mes aspirations les plus secrètes, telles des ombres peintes en noir assombrissant les carreaux d’une existence, fronçant l’ouverture d’esprit, rabattant l’espoir à maintes reprises ressassé.
Tout simplement magnifique.
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