Archive for décembre 2008
foutaises
My heart keeps beating like a hammer…
Elle était obsédée. Par la musique, le vélo, la musique et le vélo. C’est tout ce qui importait dans sa vie. Le reste était du « bonus » comme elle aimait si bien dire. Les nouvelles personnes entraient, sortaient, revenaient, et c’est un peu comme si elle s’en foutait. Elle en était rendue à ce point, en cette fin d’année qui avait pourtant si bien commencé. Elle se foutait des gens qui la jugeaient (elle savait qu’elle jugeait plus qu’eux), elle se foutait des créateurs aux concepts évocateurs qui ne savent tout simplement pas écrire. Elle se foutait éperdument des chialeux, vous savez ces gens qui se plaignent de tout, puisque rien ne les satisfait. Elle se foutait des personnes qui se prennent pour d’autres, celles qui prétendre être d’une importance capitale alors qu’elles ne sont qu’une parcelle de poussière dans l’univers. Elle se foutait de ce boulevard où paradent les hasbeen, les wannabe et les nobody. Elle se foutait que ses propos blessent. Elle se foutait de la gueule des gens, et pour être honnête, elle adorait. Toute sa vie, elle s’était conformée, elle avait obéi, elle avait suivi les règles au pied de la lettre, elle s’était soumise à la dictature imposée par une société quasi désuète. Et maintenant, elle n’avait qu’une seule envie : s’éclater.
Écouter de la musique jusqu’à plus soif.
Faire du vélo jusqu’à ce qu’elle soit ensevelie sous la neige.
Tremper ses lèvres dans de grands crus, et s’extasier à chaque gorgée.
S’imaginer mille et une péripéties.
Ressentir le froid, le chaud, l’émerveillement, le vieillot, la folie, le renouveau.
Se trouver de nouveaux patronymes, non pas parce que le sien ne lui va pas, mais bien parce que ça fait momentanément rêver ou rire ou encore pleurer : barber, huneault, case, marien, roy, hardy, boulet, wood, byrne, campbell, parenteau, millan, désilets, charland, foster, smith, neveu, turcot, portman, higgins, eno, aniston, gore, haines, king, pop, dugazon, hutchison, radin, papafotiou, maria, jobin, feist, marling, nothomb, simard, macdonald, laurier, edwards, grévisse, de villers, lazure-vieira, spektor et, évidemment le plus convoité, quin.
Et continuer d’être obsédée par les belles choses de la vie, souvent servies sur un plateau d’argent.
décembre 16, 2008
not a poem
…we still fear we don’t know… Your mind is poison.
Le début : un feeling.
Qui s’est transformé en espoir. Vif.
Qui s’est déformé en pensée silencieuse.
Qui s’est transposée en monde muet.
Ses mots ont pris de l’ampleur.
Jusqu’à ce qu’ils deviennent un cri de ralliement.
Un feeling : c’était le début.
Qui m’a enveloppée par surprise.
Qui m’a enfargée.
Qui m’a frappée d’idées nouvelles.
Tout ce que je ne suis pas : grande, assurée, cruelle, belle, heureuse, intelligente, intéressante, tendance, vivante, mélomane, écrivaine, chanteuse, straight, lettrée, contradictoire, rêveuse, princesse, jalouse, baveuse, culottée, empathique, névrosée, nerveuse, déséquilibrée…
Ne m’indispose aucunement, maintenant.
N’empêche : je l’envie quand même.
décembre 10, 2008
papercuts
(…)
Il y a déjà longtemps que je ne me laisse plus effrayer par les ombres sur mon mur ou les mousses de poussière derrière ma porte. Maintenant, dans ma tête, il y a des chansons et dans mon lit, des démons. Des chansons que je fredonne en boucle afin de me rassurer, des démons qui me gardent au chaud, confortable, comme mes pantoufles et ma robe de chambre fleurie et maculée de confiture de jadis.
En fait, malgré cette chaleur démoniaque, je suis terrifiée.
Par la solitude qu’il faut à tout prix éviter.
La mort avec laquelle il faut indéniablement composer.
L’ennui qu’il faut divertir.
La fragilité qu’il faut renforcer.
L’envie qui nous fait baver, de jour en jour, de semaine en semaine.
Les relations qu’il faut meubler.
Les objectifs qu’il faut concrétiser.
La vie est un labyrinthe et l’amour une devinette.
Mystère.
décembre 9, 2008