Archive for janvier 2009
until we felt
Espères-tu encore un miracle?
Guettes-tu l’éclair qui tarde à venir?
Attends-tu patiemment comme une sage petite fille?
Te vois-tu revenir à la maison un jour?
Crois-tu vraiment que le ciel te tombera sur la tête?
Comment imagines-tu rassembler toutes les pièces?
Penses-tu réellement que les gens t’écoutent?
Penses-tu réellement que les gens se soucient de toi?
J’avais des idées de grandeur et je rêvais de sauver le monde.
Aujourd’hui, je rêve aux vacances.
J’avais l’habitude d’écrire de longs textes qui la concernaient.
Maintenant, j’aspire à m’échapper en flottant, en volant vers des lieux secrets.
M’enfermer.
J’ai besoin d’une longue pause, d’un très long congé, le plus loin possible.
Pour me cacher et réapprendre à respirer.
Tenter de ralentir une vie qui va beaucoup trop vite à mon goût.
J’ai peur.
janvier 30, 2009
last night
Il la regardait avec des yeux tout doux, assurément amoureux, sans trace de dédain dans le coin d’une pupille vaguement dilatée. C’était à vomir de jalousie. Sitôt elle se levait, sitôt il la suivait du regard de peur qu’elle ne s’efface, qu’elle ne soit que l’ombre d’une imagination qui se veut parfois destructrice. Projection ? Maybe. Je les regardais et je les enviais. J’aspirais moi aussi à me retrouver sur le cul, le souffle coupé, chaque fois que je regardais l’amour de ma vie, cet être vivant et bien réel, fidèle à mes fantasmes les plus chimériques. Moi aussi je souhaitais secrètement (je n’oserais jamais l’avouer) n’avoir d’yeux que pour une seule et même personne, vous savez, être concentrée sur l’assouvissement des besoins de mutuels, vivre une relation fusionnelle dépourvue de questionnements, voir des étoiles des nuits durant, écouter l’harmonie des cœurs qui battent à des rythmes différents, mais qui battent assurément l’un pour l’autre. Comme s’ils se donnaient la réplique. Ouais. J’aime bien l’idée.
Sous toutes ses étincelles, se trouvent parfois des feux douteux. Parfois ils sont sauvages, parfois ils sont ardents, parfois ils sont aveuglants, ou carrément embêtants. L’appartement était apaisant. L’aveu s’est fait alors que les premiers accords de 2 O’Clock de Kaki King s’enchaînaient tendrement.
« La nuit dernière, je ne pouvais m’empêcher de lui dire des mensonges. Les uns à la suite des autres, chaque mot était tromperie. Et en la regardant droit dans les yeux, je lui ai dit que je l’aimais. »
C’est ce qu’il m’a avoué, alors que le filet de voix minuscule de Kaki transmettait (et ce, bien malgré elle) l’état d’urgence qui se déroulait dans le tout petit appartement de la rue Jules-Verne. Elle riait et chantait dans son coin, trop heureuse pour réaliser ce qui se passait, trop naïve pour comprendre qu’il était faussement son Roméo, et elle, sa Juliette.
« Je crois lui avoir dit trois vérités en une année de symbiose amoureuse. Ça fait de moi le pire des crétins, je sais. Mais je n’y peux rien. Je te le jure. »
Vérité ou conséquence ?
La vérité : j’avais envie de la prendre dans mes bras, de caresser ses tout petits cheveux parfaitement courts, parfaitement tendance rockstar et de lui chuchoter dans le creux de l’oreille qu’elle devait lâcher prise devant cet être grotesque et indigne, qu’il ne la méritait pas et qu’il y avait certainement une personne cachée quelque part qui l’attendait, les bras grand ouverts, le cœur libre prêt à battre pour elle, prêt à vivre pour elle.
Je me tue.
La conséquence : il continuerait sa vie mensongère, ses paroles seraient frimes, son regard menteur. Ses caresses bidon et ses baisers digne de Judas. Et elle filerait le parfait bonheur sans jamais se douter des bizarreries.
Je n’ai rien de plus à ajouter.
janvier 26, 2009
bataille perpétuelle
Pendant une seconde, j’ai pensé qu’elle avait disparu. Il pleut souvent à ce temps-ci de l’année. Si elle tombe, je la suivrai, je ramasserai les morceaux cassés avec mon balai à la paille effilochée. Je parle à voix haute comme si elle était présente, comme si elle était assise dans la cuisine sur les tabourets trop grands pour elle, comme si elle s’appuyait sur cette table où repose des clémentines durcies par les aléas de la vie.
(Comme je m’ennuie.)
J’aimerais qu’elle revienne à la maison, dans cet appartement beaucoup trop spacieux. Son absence fait résonner la tristesse dans toutes les pièces. Pourquoi ne se cache-t-elle pas dans une valise ? Hein ? Pourquoi.
(Je t’aime.)
Debout et vêtue de mon manteau noir, je réfléchis les yeux plissés et je ne comprends rien. La pluie s’est transformée en neige et les flocons cristallisés attaquent mes joues déjà rosies par le froid. Je ne comprends toujours rien. Et j’ai froid.
Je reviens à la maison et je brasse mon cœur. Peut-être réapparaîtra-t-elle ? Je pense que ce soir je vais rester assise et attendre dans mon salon. Je n’ai jamais aimé cette ville. Je me surprends encore à converser avec elle, alors qu’elle est toujours inexistante. Supposer sa présence est réconfortant dans ma solitude exagérée.
(Dois-je la laisser dormir ou dois-je la réveiller ?)
Je vais laisser battre mon cœur et les minutes, peut-être que ces battements sauront guider mon ennui vers un avenir rempli de chaleur humaine et de sourires blancs.
janvier 22, 2009