Archive for mars 2009
entrer dans la danse
Ça m’angoissait d’aller la voir danser.
Ça me terrifiait parce que d’habitude, elle dansait pour moi.
Sur des airs connus, des guitares, des voix.
Mais ce soir, elle dansait pour quelqu’un d’autre.
La journée m’avait semblé inhabituellement pénible, comme si j’avais un nœud au fond de la gorge qui m’empêchait de respirer. J’aurais voulu crier, peut-être aurais-je eu le sentiment de verbaliser? Et à la deuxième danse où les jupes multicolores virevoltaient de tous bords tous côtés, j’ai pleuré. Pleurer les souvenirs en rafales, pleurer les moments heureux, pleurer son sourire qui me regardait avec tendresse, pleurer la joie qui soudainement la rendait rayonnante comme jamais je l’ai vue étinceler. Discrètement, j’ai essuyé mes larmes et je me suis sentie fatiguée. Le poids des années venait de couler, il avait un goût salé. Je voulais partir, ne plus être témoin des gestes dansants des mouvements, mais son amitié me clouait et m’attachait à mon siège. Ne pas la décevoir, ne plus la décevoir en fait, trop souvent c’est arrivé. Je sais. J’ai toujours eu une peur bleue des engagements. Mais aujourd’hui, après t’avoir vue tourner, sauter, taper, frapper pour la dernière fois, j’ai eu envie d’entrer dans la danse, moi aussi, et de t’offrir une amitié absolue, une amie que tu n’as jamais connue.
Mes larmes ont séché sur mes joues, et je souris à l’idée que tu puisses enfin vivre ton conte de fées.
mars 30, 2009
tranche de vie
Il faut que je m’éloigne.
J’ai mes raisons.
Dehors, il fait froid. Et je déteste les saisons ici.
Habituellement, les matins je souffre.
Je me sens impuissante et petite.
Et à 22 h, je me recouche,
hantée par le jury qui crie dans ma tête.
Plusieurs années déjà se sont écoulées depuis mon dernier sommeil.
Le réveil.
M’éloigner afin de me rapprocher.
De mon frère.
De mon père.
De ma mère.
Et d’elle.
Me cacher des lumières et des rues,
des signes d’une société mal élevée.
Les matins m’épuisent.
Les yeux injectés de sang et douloureux,
je me lève et j’oublie ce que j’ai vu, ce que j’ai momentanément pensé.
Oui, dans une heure, je te rejoindrai.
mars 27, 2009
loin
Je déteste les mouettes.
Et être malade.
J’hais brûler mes doigts sur le grille-pain.
Ou m’enfarger dans mes bords de pantalons.
Je maudis les jours où je m’écorche le genou, où j’enlève ma gale beaucoup trop tôt.
Ça saigne toujours.
J’ai en horreur toutes les erreurs que je fais.
Et les idiots ignorants. Et le snobisme. Et le navet.
Mais…
J’ai cet ami avec qui j’aime écouter le temps passé.
J’aime être étendue tout près de lui et savoir ce qui se passe dans sa tête.
J’aime prendre le temps. Comprendre les mots qu’il utilise.
Être saoul et influencée par de la musique inconnue.
Prendre un thé, ou cueillir des fraises, et lire des histoires de fantômes.
Mon cœur saute un battement ou deux quand je le rencontre.
Les jours, les heures, tout est comptabilisé, son sourire est un souvenir. Presque.
Aucun mot n’est assez concis pour marquer l’exceptionnel.
Unique, c’est ce qu’il est.
mars 17, 2009