Archive for mars 2009
mal.
Depuis longtemps déjà, la nuit était nuit. Je la regardais dormir. Si paisible. Si heureuse. Recroquevillée sur elle-même, mais ouverte au monde entier. Elle brillait dans son sommeil. Nous nous étions chicanées, pour rien. C’était une habitude que nous avions développée, un réflexe. Nous sortions nos bâtons et nos feuilles pour se picosser et s’écrire, mais c’était peine perdue. Nous étions nos propres ennemies.
Décidément, y a des choses qui ne changeront jamais.
Et y a des réactions qui transforment.
Je ne m’y en attendais pas. Du moins, pas d’elle.
Nous avions traversé l’Atlantique, nous avions exploré le monde et nous avions vu tout ce qu’il y avait à voir. Nous avions nettoyé nos plaies; les cicatrices étaient à peine visibles. Par solidarité, nous boycottions la saccharine, l’eau et le sel. Vivre d’alcool et de miel frais et faire des siestes, tel avait été notre leitmotiv que nous prenions plaisir à beugler à tue-tête dans les rues de Barcelone.
L’amour est cette chose étrange que seul le cœur peut guérir.
L’amour avait été un jeu idiot qu’elle avait choisi de jouer.
Parfois, on reçoit ce qu’on avait secrètement souhaité.
Et parfois, non.
Et depuis ce matin, je craindrai toujours de tomber amoureuse.
mars 16, 2009
déposer les armes
là, juste là
sans bruit, tu dors
les heures sont trop longues
encore là, juste là
près de toi, en silence je pleure
trop souvent, je pense à partir
ailleurs
sans me retourner
partir, être une larme
déposer les armes
là, juste là
depuis longtemps, je me suis perdue
mais encore là
à côté de toi, le bonheur s’enfuit
les années aussi
sans nous attendre
partir, déposer les armes
savoir que mon départ arrêtera mes larmes
pour une fois, m’écouter pour de vrai
sans regret, plus jamais me taire
avant ton réveil, partir, partir sans regret
sans regret
avant ton réveil, partir, partir sans regret
sans regret, partir
Merci à la délicieuse marie-pierre arthur et ses paroles trop justes, trop émouvantes, trop parfaitement douloureuses. Mon passé est désormais résolu, mon deuil nébuleux et triste enfin achevé. Et voilà que les mots retrouvent leur sens, que l’air est assurément plus léger, et l’avenir soudainement plus dégagé.
Add comment mars 2, 2009