non-idéal
mai 27, 2009
Les rivières coulent, se tortillent, tournent en coude.
L’amour, comme un jardin, grandit.
Et l’amour, comme une branche, casse et brûle.
++++++
Ne me dis pas que le temps arrange les choses.
J’haïs ça.
Dans une lumière bleutée qui vient doucement à moi.
Un sommeil si profond.
Un amour si sincère.
Je me suis cachée pendant qu’il pleuvait. Juste un peu. Jusqu’à ce que l’éclaircissement me trouve, en attendant que mes larmes sèches. Dans les photos, il y avait des gens qui dansaient. Je les voyais, tout sourire, tout joyeux. Je les observais et je me sentais figée, à la dérive, comme si on m’avait oubliée.
J’ai de la difficulté à différencier le matin des après-midis. Et l’après-midi des nuits. La pluie peint tout de la même couleur. Blanc et gris. Je ne voulais pas que les choses changent. Mais je sentais que ça arrivait. Tranquillement. Ma réalité s’embrouillait; elle me glissait entre les mains, visqueuse et heureuse de s’éclipser. On dirait. Une chaleur inconfortable se dégageait de ma vie. On dirait.
Avant, je partageais la lumière bleutée qui venait doucement à moi. Alors que mon visage baignait dans la tranquillité de la nuit, je m’effrayais à la pensée de perdre le toi-et-moi que je connaissais. Et je ne savais pas quoi faire, dépourvue de raison.
Mais en même temps, si tu avais été cet idéal, le temps fuirait tout autant. Et si tu avais été à ma place, je ne me demanderais pas constamment si tu es cet idéal.
Oui, oui.
Le temps arrange les choses…
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