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comment une chanson a volé mon coeur
Leur histoire avait été pressée: pressée par le temps, pressée par la passion, pressée par l’incompréhension. Il ne comprenait rien, elle non plus. Sa tête fourmillait de questionnements, mais à quoi bon s’y attarder alors qu’il n’y avait rien de concret sur lequel s’éterniser? Dépourvu de lassitude devant cette toute nouvelle réalité, il réalisait qu’il ressentait pour la première fois depuis plusieurs années déjà, le goût du renouveau, le goût de l’intensité, le goût de fébrilité vis-à-vis une personne étrangère. Elle n’en était pas là, du moins, elle ne semblait pas y être. Les gestes disaient une chose, la tête une autre. Le temps d’un instant. La chimie malgré l’agitation, l’angoisse et la nervosité était pourtant présente. Le temps d’un instant… d’un moment.
C’est ce qu’il voulait lui donner.
Elle lui demandait: «mais qu’est-ce que tu veux de moi?»
«De toi? Rien. Ça serait d’être bien spécifique que d’insister sur les choses que je voudrais de toi en ce moment. Par contre, ce que je dis, c’est d’une amie que j’ai besoin, d’une amante, d’une confidente, d’une personne présente, quelqu’un vers qui je peux me tourner sans me soucier de m’enfarger, ou mieux encore, vers qui je peux m’enfarger afin qu’elle puisse me rattraper, une personne que je peux prendre dans mes bras à ma guise, sans retenue, sans filtre; j’ai besoin de cette femme qui se laissera prendre, dans tous les sens du mot, de celle qui se laissera écouter et qui voudra bien se partager et se laisser aller avec moi, afin qu’à deux, nous puissions rire de nos vieilles histoires déchues et cruelles, trop heureux de notre nouvelle suprématie qui nous mènera dans des lieux dont nous ignorions, avant l’instant présent, l’existence…
Tu vois, je ne peux attendre tout ça de toi, puisque de toute façon, c’est déjà tout ce que tu représentes pour moi. Du temps, c’est ce qu’il te faut pour désembrouiller les idées annonciatrices de renouvellement. Quand tu auras épuiser les petits corpuscules fragmentés de questionnements qui t’agitent incessament, penche-toi et regarde par terre. Tu n’auras qu’à suivre le sentier tracé par les pinottes. Elles te mèneront à moi, moi qui serai là et qui t’attendrai sur le pas de la porte. Les bras grand ouverts, je t’accueillerai.»
juin 28, 2009