Archive for novembre 2009

sinuosité

«dis-moi à quoi tu penses, dis-moi ce que tu ressens», voilà ce qu’elle lui avait dit, sans avertissement. simple curiosité? non, c’était l’enjeu des émotions. la mise avait été placée. «et ce que tu me dis, c’est authentique ou inventé?», qu’elle lui demande. elle avait l’impression que les mensonges s’accumulaient, les explications étaient imaginées parce que la peur était impliquée, cet effroi incontrôlable qui fait naître les angoisses dans le creux des ventres et les démons du passé dans les têtes mélangées. «est-ce que tu as eu ce que tu espérais, ce que tu rêvais?», qu’elle lui criait. assez, elle en avait assez. c’était trop. trop de malaises, trop de gestes maladroits, trop de mots juxtaposés qui n’avaient aucun sens, trop de folie, trop d’abus.

«maintenant que tout est révolu, est-ce que tu te sens mieux, te sens-tu plus près de la lumière?», qu’elle lui soupire dans le creux de l’oreille. les images reviennent en rafale : des cris, des yeux bleus, un grand corps frissonné, des mains d’une douceur inappropriée. des souvenirs qu’elle n’arrivait plus à se défaire, à oublier, à enterrer. «est-ce que tu sens la rage monter en toi la nuit?», qu’elle lui chuchote. mais pourquoi cette relation a-t-elle pris racine? pourtant, pourtant, il n’y avait aucune complicité, seulement une recherche de chaleur humaine avouée, sans plus. soulèvement de question : «Tu crois vraiment qu’on puisse continuer à se voir comme on le fait? Sans engagement ni implication émotive?», réflexion qui soulève une inquiétude. feeling qu’elle ne disait pas la vérité, qu’elle lui mentait, pour faire changement. se sentait-elle attachée? que voulait-elle exactement?

là où la rivière devient sinueuse est un endroit bien obscur. l’eau n’est pas aussi bleue, et le gazon sur les berges n’est pas tout à fait vert. les courants sont puissants et, plus souvent qu’autrement, ils entraînent les âmes perdues vers le fond vaseux, comme si c’était la solution ultime, l’aboutissement d’un calvaire boueux. il faut savoir nager pour pouvoir s’en sortir indemne et éventuellement, s’en éloigner.

Non.

elle ne voulait pas se laisser couler, elle voulait sa présence, elle voulait l’endurer jusqu’à la fin des temps, jusqu’à ce que la vieillesse la rende prisonnière. personne mérite de couler à pic dans des torrents relationnels teintés de questionnements.

non, personne. même pas elle.

Add comment novembre 24, 2009

mélodie

je pourrais me vider de mon sang, mais mon cœur continuerait de battre pour toi, ma chérie.

je pourrais me traîner les pieds dans le désert et mes lèvres auraient encore soif de toi, ma chérie.

et la lune s’élèverait dans la nuit et moi, je m’endormirais au pied de ton arbre.
et le vent sifflerait une sérénade à travers tes feuilles, une mélodie toute douce pour faire sourire mon cœur secrètement amoureux…

Add comment novembre 18, 2009

rien

cette ville, si magnifique, si vivante, me semble désormais vide et dépourvue de sens. tous ces gens qui m’entourent, qui font partie de ma vie, ne comblent pas la solitude qui m’enveloppe. qu’est-ce que ça donne de tout avoir dans la vie, de posséder des richesses infinies, si la personne aimée n’est plus? il faut toujours repartir à zéro pour retrouver des ailes et la légèreté d’un cœur trop grand…

Add comment novembre 16, 2009


 

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