Posts filed under 'éclipse de lune'

pendant que tu dormais

Pendant que tu dormais, les étoiles brillaient et les ombres bougeaient. Le temps filait, le téléphone sonnait. Le silence régnait jusqu’à ce que la cuisine se mette à chanter sa chanson, son refrain. Pendant que tu dormais, tu tournais et virevoltais toute la nuit, tu agitais les yeux alors que le monde brûlait, le ciel tombait, la terre tremblait. J’étais convaincue que tu l’étais, mais non, tu dormais. Encore. Et tu rêvais. Encore. Tu ignorais le soleil.

Pendant que tu dormais, je tournais et virevoltais, jusqu’à ce que je ferme les yeux, jusqu’à ce que le futur se consume. Pendant que tu dormais, je revécus le jour; l’argent mourut, l’espoir s’estompa, les machines devinrent inutiles et la terre perdit la vue. Le vent se lève d’un sommeil profond, la gravité capture mon amour au vol, l’océan se secoue, les sorcières volent et les sirènes restent pleines de rêves.

Pendant que tu dormais et que tu étais silencieuse, je traversais les murs, je marchais sur la pointe des pieds, j’envoyais tourbillonner la noirceur tôt dans la matinée. Jamais je n’aurai la possibilité de te rattraper, trop profond est ton sommeil. Mes bras sont vains, mon cœur bat trop fort, mon esprit est trop fier pour tirer sa révérence.

Pendant que tu dormais, le temps s’égrenait, tes pensées se replaçaient, tu rêvais en noir et blanc alors que dehors, pleuvaient toutes les couleurs de la nuit. Je reconsidérais les souvenirs, les années, les mers disparues. J’attendais patiemment les devinettes de la nuit que seul le levé du soleil saura résoudre. Tout le monde fait le même rêve, on tombe, on vole, on appelle l’être aimé en vain, on meurt. Mais maintenant, tu es réveillée. Restons ainsi, même s’il n’y a plus de jolies matinées ou de douces journées où se prélasser, où farnienter. Quand tu dors, le soleil brille, les ombres dansent, le temps s’envole, le téléphone sonne. Et il y a le silence que les gens essaient de masquer en chantant. Et quand tu dors, je ne peux faire autrement que de penser à toi.

Add comment août 24, 2009

il fait noir

une étoile est tombée d’un cœur et a atterri dans mes yeux.
déchirés, ils sont devenus.
fort, j’ai crié.
aveugle, je suis restée.

les étoiles, la lune, tout a explosé.
je suis restée dans le noir.
depuis l’inexistence de l’aube et du jour, je vis désormais dans le néant.
à l’ombre d’un cœur, dans l’espoir d’un avenir rassurant.

et dans l’obscurité, j’ai entendu un battement.
j’ai tenté de suivre le rythme apaisant.
mais il s’est arrêté, et dans la noirceur je suis restée.
incertaine, je suis devenue.

j’ai entrepris de capturer les étoiles dans ses yeux afin d’en faire une carte.
d’une certaine façon, je savais que je retrouverais éventuellement mon chemin.
et j’ai entendu son cœur battre; dans le brouillard, elle s’était également réfugiée.
je suis donc restée et j’ai retrouvé un battement régulier, à ses côtés.

juillet 8, 2009

comment une chanson a volé mon coeur

Leur histoire avait été pressée: pressée par le temps, pressée par la passion, pressée par l’incompréhension. Il ne comprenait rien, elle non plus. Sa tête fourmillait de questionnements, mais à quoi bon s’y attarder alors qu’il n’y avait rien de concret sur lequel s’éterniser? Dépourvu de lassitude devant cette toute nouvelle réalité, il réalisait qu’il ressentait pour la première fois depuis plusieurs années déjà, le goût du renouveau, le goût de l’intensité, le goût de fébrilité vis-à-vis une personne étrangère. Elle n’en était pas là, du moins, elle ne semblait pas y être. Les gestes disaient une chose, la tête une autre. Le temps d’un instant. La chimie malgré l’agitation, l’angoisse et la nervosité était pourtant présente. Le temps d’un instant… d’un moment.

C’est ce qu’il voulait lui donner.

Elle lui demandait: «mais qu’est-ce que tu veux de moi?»

«De toi? Rien. Ça serait d’être bien spécifique que d’insister  sur les choses que je voudrais de toi en ce moment. Par contre, ce que je dis, c’est d’une amie que j’ai besoin, d’une amante, d’une confidente, d’une personne présente, quelqu’un vers qui je peux me tourner sans me soucier de m’enfarger, ou mieux encore, vers qui je peux m’enfarger afin qu’elle puisse me rattraper, une personne que je peux prendre dans mes bras à ma guise, sans retenue, sans filtre; j’ai besoin de cette femme qui se laissera prendre, dans tous les sens du mot, de celle qui se laissera écouter et qui voudra bien se partager et se laisser aller avec moi, afin qu’à deux, nous puissions rire de nos vieilles histoires déchues et cruelles, trop heureux de notre nouvelle suprématie qui nous mènera  dans des lieux dont nous ignorions, avant l’instant présent, l’existence…

Tu vois, je ne peux attendre tout ça de toi, puisque de toute façon, c’est déjà tout ce que tu représentes pour moi. Du temps, c’est ce qu’il te faut pour désembrouiller les idées annonciatrices de renouvellement. Quand tu auras épuiser les petits corpuscules fragmentés de questionnements qui t’agitent incessament, penche-toi et regarde par terre. Tu n’auras qu’à suivre le sentier tracé par les pinottes. Elles te mèneront à moi, moi qui serai là et qui t’attendrai sur le pas de la porte. Les bras grand ouverts, je t’accueillerai.»

juin 28, 2009

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